Les militaires bénéficiant d’exemptions médicales de rasage depuis plus d’un an pourraient être concernés par une procédure de radiation, selon une directive récente du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui prône une armée « rigoureusement rasée ».
« Les commandants d’unité engageront la procédure de séparation des militaires qui nécessitent une exemption de rasage depuis plus d’un an de traitement médical », stipule un mémo daté du 20 août. « J’ai une confiance totale dans nos responsables à tous les niveaux pour évaluer avec justesse la pertinence de la retention », ajoute-t-il.
Plus tôt cet été, l’Armée de Terre avait annoncé être en train de finaliser une mise à jour de ses normes de présentation, incluant la possibilité d’une séparation pour ceux ayant besoin d’exemptions de rasage. Cette démarche, qualifiée de retour aux standards, intervient dans un contexte où le nombre d’exemptions a considérablement augmenté, avec plus de 40 000 délivrées en 2024. La nouvelle directive de Hegseth constitue la première politique applicable à l’ensemble des forces, et s’inscrit dans une série de révisions récentes des règles relatives à l’apparence et à la présentation.
Il reste cependant incertain quels recours seront offerts aux militaires souffrant de la pseudofolliculite de la barbe (PFB), une affection cutanée douloureuse touchant jusqu’à 60 % des hommes noirs, caractérisée par la repousse de poils incarnés provoquant inflammations et douleurs. Selon le Collège américain de dermatologie ostéopathique, le rasage aggrave cette maladie « en aiguisant l’extrémité des poils comme une lance ».
L’unique traitement efficace à 100 % consiste à laisser pousser la barbe, les poils atteignant une certaine longueur cessant de repousser dans la peau.
Le mémo du 20 août ne fait toutefois pas de mention explicite à la pseudofolliculite. Il précise seulement que, « lors de l’autorisation d’exceptions individuelles, les commandants doivent appliquer des critères cohérents en tenant compte des exigences du département en matière de sécurité et d’uniformité ».
Conformément aux directives, les militaires bénéficiant d’exemptions doivent suivre un traitement médical destiné à résoudre leur problème de rasage. Si, après un an de traitement, l’exemption reste nécessaire, le commandant de l’unité entamera alors les procédures de séparation.
Sean Parnell, porte-parole principal du Pentagone, a déclaré : « Les commandants doivent appliquer des critères cohérents et considérer les intérêts du département en matière de sécurité et d’uniformité lorsqu’ils accordent des exceptions individuelles. Les médecins militaires fourniront au commandant, qui dispose du pouvoir final d’approbation, une recommandation écrite concernant l’exemption de rasage. »
Le mémo ne précise pas si cette nouvelle politique s’étend aux moustaches ou autres éléments de la pilosité faciale. Il rappelle simplement que « la norme d’apparence fixée par l’armée américaine est d’être rasé de près et soigneusement présenté pour une apparence militaire appropriée ».
Depuis sa nomination, Pete Hegseth s’est attaché à renforcer les standards de présentation et d’uniforme dans les forces armées, estimant dans une note de mars que des normes clairement définies rendent l’armée « plus forte et plus disciplinée ».
Pour le moment, aucune information n’a été communiquée concernant le nombre de militaires qui pourraient être concernés par cette politique de séparation.
« Le département doit rester vigilant dans le maintien des normes de présentation qui sont au cœur de l’éthique du combattant », conclut le mémo de Pete Hegseth.