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Les États-Unis ont décidé de fournir à l’Ukraine des missiles ATACMS à longue portée, compatibles avec les systèmes M142 HIMARS déjà déployés sur le terrain. Ces munitions, bien que officiellement périmées, restent opérationnelles et prêtes à être transférées.

Doug Bush, secrétaire adjoint à l’acquisition de l’armée américaine, a confirmé que l’armée est prête à livrer des missiles ATACMS M39A1 à l’Ukraine. Ces missiles, dont la production a été arrêtée en 2003, ont techniquement dépassé leur durée de vie mais restent utilisables grâce à des modifications importantes adaptées aux conflits modernes.

Contrairement aux informations circulant notamment sur certains canaux Telegram pro-russes qui insistent sur la péremption et l’abandon de ces missiles, il est essentiel de souligner que ces armes bénéficient d’améliorations permettant leur emploi efficace sur le champ de bataille contemporain.

Le missile M39A1 ATACMS

Entre 1997 et 2003, 610 exemplaires du missile M39A1 ont été produits. Pendant l’opération Iraqi Freedom, 74 de ces missiles ont été utilisés contre des cibles en Irak. Les exemplaires restants sont actuellement en cours de transformation en missiles M57E1.

Le M39A1, ainsi que tous les missiles dérivés de la famille ATACMS, sont conçus pour être lancés depuis les systèmes sol-air M270A1 et M142 HIMARS. Malgré leur âge, un nombre important de missiles ATACMS M48 et M57, également hors durée de vie, restent utilisables. Plus de 1 000 missiles de cette catégorie pourraient être fournis à l’Ukraine, sous réserve de l’approbation présidentielle de Joe Biden.

Les M39A1 sont les plus anciens modèles de la famille ATACMS, leur production ayant cessé en 2003. Le dernier lot produit en 1997 a largement dépassé sa durée de vie théorique de 13 ans. Ce constat rend leur emploi en l’état peu probable sans modernisation.

Ces missiles, connus sous l’appellation ATACMS Block IA, sont équipés d’un guidage GPS précis et d’une charge militaire composée de 300 sous-munitions antipersonnel et anti-matériel M74. Leur portée opérationnelle varie de 20 à 300 kilomètres.

Modernisation M57E1

Le M57E1 constitue une version améliorée du M39 et M39A1, intégrant un moteur modernisé, un nouveau logiciel et du matériel de guidage actualisé, ainsi qu’une ogive WAU-23/B remplaçant les bombes APAM M74. Cette version dispose également d’un capteur de proximité pour une explosion optimisée.

La production du M57E1 a démarré en 2017 avec la livraison d’un premier lot de 220 unités.

Le missile M48 [ATACMS Quick Reaction Unitary – QRU] est lui aussi doté d’une navigation assistée par GPS et équipé d’une tête explosive à fragmentation WDU-18/B de 230 kg, initialement développée pour le missile antinavire Harpoon. Sa portée s’étend de 70 à 300 km. Entre 2001 et 2004, 176 missiles M48 ont été produits, dont 16 ont été utilisés lors de l’opération Iraqi Freedom et 42 lors de l’opération Enduring Freedom. Les exemplaires restants sont stockés dans les arsenaux de l’armée américaine et du corps des Marines.

L’ATACMS, une aide militaire sans « ligne rouge » franchie

À plusieurs reprises, les États-Unis ont posé des limites à l’aide militaire apportée à l’Ukraine. Toutefois, la fourniture de missiles ATACMS était une évolution attendue et ne constitue pas une nouvelle « ligne rouge ». Déjà en juin 2023, il était prévu qu’Ukraine reçoive ces missiles dans les 12 mois, une anticipation confirmée par la décision de livraison.

Le 30 mai 2023, le président Joe Biden avait évoqué la possibilité de fournir des missiles ATACMS à l’Ukraine dans une allocution à la Maison Blanche, en réponse à l’intensification des frappes russes sur le territoire ukrainien.

Malgré l’escalade des tensions, le président américain a maintenu une approche mesurée, soulignant la nécessité d’équiper l’Ukraine avec le matériel requis pour renforcer sa défense face à l’agression russe.