Article de 893 mots ⏱️ 5 min de lecture

Le constructeur indien Data Patterns suscite un vif intérêt international après avoir présenté les radars à réseau phasé actif (AESA) HAWK I 2700 et HAWK I 900, basés sur la technologie nitrure de gallium (GaN), lors du salon Aero India 2025. Selon des sources bien informées, de nombreux opérateurs des avions de combat Su-30 et MiG-29 à travers le monde manifestent un regain d’attention pour ces radars de conduite de tir indigènes, prometteurs pour la modernisation des flottes vieillissantes. Après avoir réussi des essais au sol rigoureux, ces radars attendent désormais des essais en vol essentiels pour leur certification, ce qui conduit Data Patterns à solliciter l’appui de l’Indian Air Force (IAF) pour utiliser un Su-30MKI comme plateforme d’essai volant.

La série HAWK I marque une avancée majeure dans la technologie radar indienne en exploitant les semi-conducteurs GaN, reconnus pour leur efficacité énergétique, leur meilleure gestion thermique et leurs performances accrues en portée. Conçu spécifiquement pour s’adapter au radome volumineux du Su-30MKI, le HAWK I 2700 dispose de 2 700 modules d’émission et de réception (Transmit/Receive Modules – TRM), permettant la poursuite simultanée de multiples cibles sur un champ de regard de 70 à 100 degrés, avec une capacité de détection jusqu’à 350 km en bande X pour des cibles d’une surface radar de 5 m². Parallèlement, le HAWK I 900, plus compact avec ses 900 TRM, est optimisé pour des plateformes plus légères telles que le MiG-29, le Tejas LCA Mk1 ainsi que la version navale MiG-29K de la marine indienne, assurant des portées supérieures à 150 km et une intégration facilitée dans un contexte de défaillance du radar Zhuk-ME sur ces avions. Ces deux radars offrent des modes air-air, air-surface et maritime, avec des puissances crêtes pouvant atteindre 25 kW, renforçant leur efficacité face aux menaces furtives.

Présentés en février 2025, ces systèmes ont déjà retenu l’attention de l’Indian Air Force, qui voit en eux une solution de remplacement crédible face aux radars russes N001VEP (Zhuk-ME) vieillissants, affectés par l’obsolescence et les interruptions d’approvisionnement. « L’intérêt arrive de plusieurs utilisateurs confrontés à des dilemmes de modernisation », confie une source proche des opérations aux médias spécialisés, soulignant les nombreuses demandes provenant d’utilisateurs en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, souvent frustrés par la paralysie des lignes de production russes dans le contexte du conflit ukrainien. La conception entièrement indienne de Data Patterns, qui englobe le matériel, les logiciels ainsi que les modules TRM GaN, en fait une alternative clé en main pouvant réduire de 30 à 40 % les coûts de modernisation par rapport aux importations étrangères.

Cependant, la mise en service opérationnelle dépend désormais de la validation en vol. Après avoir passé avec succès les essais au sol en compatibilité électromagnétique, gestion thermique et traitement du signal, ces radars requièrent des tests en conditions réelles de vol, notamment lors de manœuvres à forte charge G et en environnement de guerre électronique. Pour accélérer cette phase cruciale, Data Patterns a officiellement demandé à l’Indian Air Force la mise à disposition d’un Su-30MKI relevant de l’Établissement de tactiques et développement du combat aérien (TACDE) comme banc d’essai volant dédié. Ces appareils ont déjà servi lors d’essais de systèmes tels que le radar AESA Uttam et le missile Astra, offrant une plateforme éprouvée pour le prototypage rapide.

L’autorisation est en attente, mais les perspectives sont encourageantes au regard de la nouvelle politique du ministère de la Défense en 2024, qui facilite l’accès des entreprises privées aux actifs étatiques pour les tests, à condition qu’elles prennent en charge les coûts opérationnels, y compris le carburant, la maintenance et le temps d’équipage. Cette mesure, intégrée à l’initiative iDEX (Innovations for Defence Excellence), a déjà permis des collaborations similaires, comme l’intégration d’UAV privés sur des hélicoptères de l’armée. « Si l’autorisation est accordée, les essais pourraient s’achever d’ici mi-2026, accélérant ainsi la certification », ajoute la source, insistant sur le rôle de cette politique pour réduire le délai entre innovation privée et validation militaire.

Cette certification pourrait ouvrir un marché important pour Data Patterns, dont la valeur boursière a bondi de 15 % après Aero India, sur fond de spéculations autour des contrats de modernisation. Avec plus de 1 000 Su-30MKIs et MiG-29 en service à travers le monde, notamment en Inde, Algérie, Vietnam et Myanmar, la série HAWK cible un marché de reconversion estimé entre 5 et 7 milliards de dollars. Les fournisseurs russes comme Phazotron-NIIR peinent à assurer des mises à jour successives, exposant les opérateurs aux avancées des avions furtifs chinois J-20 ou des systèmes sol-air sophistiqués. Pour l’Inde, intégrer les radars HAWK sur les 272 Su-30MKI dans le cadre du programme Super Sukhoi d’une valeur de 65 000 crores pourrait améliorer la détection des cibles peu observables jusqu’à 200 km, rivalisant avec le radar AESA RBE2-AA équipant le Rafale.