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New York, 27 septembre. Les ministres des Affaires étrangères des pays du Groupe des Quatre (G4) – Inde, Brésil, Allemagne et Japon – se sont réunis en marge de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) le 25 septembre, réaffirmant leur appel urgent à la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) pour mieux refléter les réalités mondiales actuelles.

Dans une déclaration conjointe publiée après leur rencontre, le ministre indien des Affaires étrangères S. Jaishankar, son homologue brésilien Mauro Vieira, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul et le ministre japonais Iwaya Takeshi ont souligné que le Conseil de sécurité, pilier du multilatéralisme, devenait de moins en moins efficace pour répondre aux crises internationales. Ils ont insisté sur l’importance d’élargir à la fois les catégories de membres permanents et non permanents afin d’améliorer la représentativité, la légitimité et l’efficacité du Conseil, une idée soutenue par la majorité des États membres de l’ONU.

Les ministres ont notamment insisté sur la nécessité d’accroître la participation des pays en développement et des principaux contributeurs à la paix et à la sécurité internationales. Ils ont mis en avant l’importance d’une meilleure représentation des régions historiquement sous-représentées, notamment l’Afrique, la région Asie-Pacifique ainsi que l’Amérique latine et les Caraïbes, réaffirmant leur soutien fort à la Position Africaine Commune exposée dans le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.

La Position Africaine Commune (PAC) représente le cadre unifié de l’Union africaine pour aborder les questions globales, exprimer les priorités du continent africain et orienter les négociations internationales. Enracinée dans le Consensus d’Ezulwini, elle dénonce l’exclusion de l’Afrique de la qualité de membre permanent au Conseil de sécurité et réclame l’attribution d’au moins deux sièges permanents au continent.

Dans leur déclaration commune, les pays du G4 ont également réitéré leur soutien mutuel aux candidatures de chacun pour devenir membres permanents d’un Conseil de sécurité réformé, affirmant leur volonté d’assumer des responsabilités accrues en tant que démocraties engagées en faveur du multilatéralisme, du droit international et de la Charte des Nations unies.

À l’issue des travaux de la 79e AGNU, les ministres ont exprimé leur préoccupation face à l’absence de progrès tangibles dans le processus des Négociations Intergouvernementales (IGN) concernant la réforme du Conseil. Ils ont demandé que les IGN respectent les procédures habituelles des Nations unies et ont insisté pour que le consensus ne soit pas une condition exclusive pour adopter des décisions. Ils ont aussi exprimé leur disposition à s’engager en dehors du cadre des IGN, notamment à l’Assemblée générale et dans d’autres forums, afin de créer un élan favorable à des négociations fondées sur un texte concret.

À l’occasion du 80e anniversaire de l’ONU, les ministres du G4 se sont engagés à intensifier leur mobilisation durant la session actuelle de l’AGNU, en coopération avec d’autres États membres et groupes, pour élaborer un modèle de réforme consolidé. Ils ont appelé la communauté internationale à saisir cette opportunité et à s’impliquer de manière constructive, en considérant la réforme du Conseil de sécurité comme une composante essentielle d’une refonte plus large de l’organisation des Nations unies.