Les pourparlers engagés à Berlin entre représentants américains, européens et ukrainiens laissent entrevoir une avancée vers un accord visant à mettre fin au conflit russo-ukrainien, malgré la persistance des violences sur le terrain. Ce plan envisagé comprend l’adhésion accélérée de l’Ukraine à l’Union européenne, des garanties de sécurité américaines, la création d’une zone démilitarisée le long de la ligne de cessez-le-feu complète, la restitution de la centrale nucléaire de Zaporijjia au contrôle ukrainien et un financement de la reconstruction ukrainienne par le biais des actifs russes gelés ainsi que des investissements américains. Néanmoins, des désaccords majeurs demeurent, notamment sur les concessions territoriales et les dispositifs de sécurité, avec la Russie exigeant le retrait des forces ukrainiennes de certaines parties du Donbass, encore sous leur contrôle.
Sur le terrain, les forces russes enregistrent des gains limités et progressifs dans l’est et le sud de l’Ukraine, s’appuyant sur une artillerie lourde et des tactiques de drones en évolution, bien que leur élan semble désormais freiné. La prise de Pokrovsk, largement sous contrôle russe, s’est déroulée au prix de lourdes pertes et pourrait offrir un avantage limité, tout en constituant un revers pour les forces ukrainiennes.
La Russie a intensifié sa campagne aérienne contre l’Ukraine, multipliant les attaques dans le but de submerger les défenses aériennes et de provoquer l’effondrement du réseau électrique national à l’approche de l’hiver. Durant les deux premières semaines de décembre, près de 3 000 drones et plus de 90 missiles ont été lancés, y compris une salve massive dans la nuit du 5 au 6 décembre. Parallèlement, l’Ukraine a mené des attaques avec des drones navals contre des cibles russes en mer Noire, s’attaquant notamment à la flotte “fantôme” de pétroliers russes opérant pour contourner les sanctions. Selon des experts, les États-Unis ont montré une certaine tolérance, voire une approbation tacite, de ces frappes, fournissant parfois des renseignements pour cibler les infrastructures pétrolières russes.
Sur le plan diplomatique et économique, la Commission européenne a adopté une décision interdisant indéfiniment le transfert des actifs russes gelés tant que Moscou ne mettra pas fin à la guerre, ne compensera pas les dommages infligés à l’Ukraine et ne cessera pas de menacer la paix en Europe. L’espoir était de convaincre la Belgique d’autoriser leur usage comme garantie pour des prêts accordés à l’Ukraine, mais Bruxelles continue de s’opposer à cette mesure, craignant qu’elle ne bloque de futures décisions judiciaires favorables à la Russie.
En Asie, la visite d’État du président français Emmanuel Macron en Chine du 3 au 5 décembre visait principalement à consolider la coopération stratégique, économique et technologique entre Pékin et Paris, ainsi qu’à affirmer leur indépendance stratégique respective. Le dossier ukrainien a été abordé, mais la diplomatie française n’a pas réussi à convaincre la Chine d’exercer davantage de pression sur la Russie.
Par ailleurs, la Chine, l’Iran et l’Arabie saoudite ont tenu leur troisième réunion du comité conjoint trilatéral à Téhéran, axée sur la mise en œuvre d’un accord de 2023 négocié par Pékin entre Riyad et Téhéran. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Miao Deyu, était présent, tandis que le ministre Wang Yi a mené une tournée diplomatique dans les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et la Jordanie, se concentrant sur le conflit israélo-palestinien et témoignant ainsi de l’importance accrue du Golfe dans la stratégie chinoise au Moyen-Orient.
En Corée du Nord, le Parti des travailleurs se prépare à son 9e congrès prévu pour début 2026, où seront attendues des orientations nouvelles sur la défense, la diplomatie et l’économie. Pyongyang pourrait officialiser la politique dite des « deux États hostiles », définissant les deux Corées comme des rivales et réduisant les perspectives de réconciliation. La possibilité d’initiatives diplomatiques avec les États-Unis pourrait également être évoquée. Récemment, le leader Kim Jong Un s’est rendu à l’ambassade de Russie à Pyongyang pour rendre hommage à Aleksandr Matsegora, ambassadeur russe décédé, fervent défenseur des relations bilatérales. Par ailleurs, la mise en place en Chine d’une « chaîne d’assemblage de drones » destinée à l’export vers la Corée du Nord soulève des interrogations sur le contournement des sanctions et pourrait renforcer les capacités militaires nord-coréennes en matière de drones tactiques.
En Iran, après les frappes israéliennes en juin ciblant principalement le programme nucléaire et balistique, l’enrichissement d’uranium demeure pour l’heure au point mort, en dépit de préoccupations persistantes sur les stocks précédant la guerre et l’absence d’inspections internationales. En revanche, les évaluations militaires israéliennes indiquent un renforcement rapide du programme balistique iranien, grâce notamment à des fournitures extérieures, dont des livraisons de perchlorate de sodium en provenance de Chine. Les efforts des États-Unis pour intercepter des cargaisons suspectes se poursuivent, avec récemment la saisie d’un navire en route vers l’Iran. Sur le plan intérieur, l’Iran subit un recul économique marqué par une forte inflation, une pénurie d’eau critique et la dégradation de la monnaie nationale, le rial, qui a atteint un plus bas historique face au dollar. Le président Masoud Pezeshkian a exprimé publiquement sa frustration face à ces défis.
Enfin, du côté des groupes jihadistes, un attentat d’envergure a frappé une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, Sydney, le 14 décembre 2025. Deux assaillants ont tué 15 personnes et blessé 39 autres. Les auteurs, liés à la province asiatique de l’État islamique aux Philippines, auraient suivi une formation dans cette région en novembre. Cet acte constitue la première attaque réussie de l’État islamique en-dehors des Philippines depuis plusieurs années, le groupe ayant cependant réduit ses activités dans le pays depuis son pic d’influence en 2017. Cette attaque témoigne d’une évolution des modalités opératoires de l’organisation, qui n’a plus besoin de contrôler un territoire étendu pour mener des attaques à l’étranger.
La veille de cet attentat, un tireur lié à l’État islamique a tué deux militaires américains et un interprète en Syrie, blessant également d’autres membres des forces américaines et syriennes. Il s’agit du premier décès de soldats américains en combat depuis janvier 2024, soulignant la persistance des défis sécuritaires dans la région.