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La Royal Air Force (RAF) britannique a précisé que les douze premiers chasseurs F-35A commandés ne sont destinés qu’à la formation des pilotes, et non à l’accomplissement de la mission nucléaire aérienne au sein de l’OTAN, que le Royaume-Uni ambitionne de rejoindre à nouveau.

Cela signifie que la RAF n’a pas encore défini le nombre exact de F-35A opérationnels nécessaires à la fonction nucléaire, bien que le gouvernement ait simultanément annoncé l’achat de ces avions et la réintégration de la Grande-Bretagne dans le dispositif nucléaire partagé de l’Alliance lors de la présentation des plans.

Le vice-maréchal de l’air Jim Beck, directeur des capacités et des programmes de la RAF, a déclaré que les premiers avions seraient affectés aux unités de conversion à l’entraînement.

« Pour plus de clarté et afin d’éviter tout malentendu, nous n’avons pas acquis ces 12 avions pour leur usage en tant qu’appareils à double capacité », a affirmé Beck lors de la Conférence mondiale des chefs de forces aériennes et spatiales à Londres. « Nous les avons achetés pour nos unités de conversion. En parallèle, nous avons indiqué que nous reprendrions le rôle d’aéronef à double capacité en soutien à l’OTAN. Ce sont deux choses différentes. »

Ces précisions apportent un éclairage important sur les intentions du Royaume-Uni concernant la variante F-35 de décollage et atterrissage conventionnels, capable d’emporter la bombe nucléaire américaine B61-12.

En juin 2025, le gouvernement britannique a annoncé l’achat de 12 F-35A, conformément à son engagement à réintégrer la mission OTAN des avions à double capacité nucléaire. Cette annonce avait été largement interprétée comme signifiant que ces 12 appareils formeraient le noyau dur de la force nucléaire aérienne britannique reconstituée. Cependant, les propos de Jim Beck indiquent que la RAF considère cette flotte principalement comme un volet destiné à la formation des pilotes.

Selon le média Aviation Week, la RAF évalue encore le nombre d’avions, le personnel et les infrastructures nécessaires pour mener à bien la mission nucléaire.

Pour rappel, le Royaume-Uni a retiré son ancienne arme nucléaire aéroportée, la bombe WE.177, en 1998. Depuis, sa dissuasion nucléaire repose uniquement sur les missiles balistiques Trident embarqués à bord des sous-marins de la Royal Navy.

Le retour au partage nucléaire au sein de l’OTAN apporterait à l’Alliance une capacité de frappe aérienne, tout en maintenant les armes sous garde américaine.

Le F-35A est déjà certifié pour transporter la B61-12, contrairement au F-35B à décollage court et atterrissage vertical, utilisé par la RAF et la Royal Navy.

Pourquoi utiliser les F-35A pour la formation des pilotes ?

Actuellement, le Royaume-Uni opère le F-35B en raison de sa capacité à décoller et atterrir depuis les porte-avions de classe Queen Elizabeth de la Royal Navy. Cependant, cette variante requiert une maintenance plus coûteuse et plus complexe à cause de ses décollages courts et atterrissages verticaux, ce qui en fait une option moins économique pour l’entraînement au sol.

Le F-35A, doté d’une autonomie supérieure grâce à une capacité interne de carburant plus importante, est ainsi une meilleure solution pour la formation des pilotes.

Intégrer les F-35A dans l’unité de conversion opérationnelle permettrait également à la RAF de préserver les heures de vol des F-35B pour les missions de première ligne et les opérations embarquées.

Le Royaume-Uni dispose à ce jour de 48 F-35B et s’est engagé à en acquérir 15 supplémentaires, en plus des 12 F-35A déjà commandés. Le pays vise à terme jusqu’à 138 F-35, bien qu’aucune commande ultérieure précise n’ait été annoncée.

Il est hautement probable que davantage de F-35A seront nécessaires si le Royaume-Uni souhaite maintenir une force nucléaire aérienne opérationnelle en permanence sans compromettre la formation des pilotes.

Le F-35A accentue les défis de la RAF concernant le ravitaillement en vol

Le F-35A pose aussi un défi supplémentaire à la RAF, puisqu’il ne peut pas utiliser les systèmes de ravitaillement par tuyau et panier dont dispose actuellement la flotte Voyager de ravitailleurs. Contrairement au F-35B britannique, le F-35A se ravitaille via une perche rigide, tandis que les Voyager sont équipés uniquement de systèmes tuyau et panier, adaptés à des avions comme le F-35B et l’Eurofighter Typhoon.

Le Royaume-Uni dépend donc déjà de ravitailleurs alliés pour alimenter en carburant les avions dotés de perches rigides, tels que le P-8A Poseidon, le RC-135W Rivet Joint ou le C-17 Globemaster III.

La RAF étudie avec AirTanker des options pour intégrer une capacité de ravitaillement à la perche, devenue une nécessité pressante notamment après la confirmation que le futur avion de combat du Programme aérien global utilisera ce système.

Si les premiers F-35A contribueront à résoudre le défi de la formation des pilotes, la question des appareils nécessaires pour rétablir le rôle nucléaire aérien britannique, ainsi que celle des ravitailleurs adaptés pour les soutenir, reste encore ouverte.