Cinq des principales puissances militaires européennes ont annoncé vendredi un programme commun visant à développer rapidement des drones à faible coût, alors que l’utilisation des véhicules aériens sans pilote dans le conflit en Ukraine transforme les paradigmes de la guerre moderne.
Les ministres et les ministres délégués à la défense du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Pologne ont déclaré dans un communiqué que l’initiative Low-Cost Effectors and Autonomous Platforms (LEAP) contribuerait à « améliorer notre sécurité collective » au sein de l’OTAN tout en renforçant la coopération européenne.
Les drones se sont imposés comme des outils omniprésents et décisifs dans la guerre déclenchée il y a quatre ans par l’invasion russe en Ukraine, ce qui oblige à repenser les systèmes de défense aérienne.
Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a souligné que les systèmes de drones avaient « révolutionné » le conflit en Ukraine et entraîné « des changements dans les stratégies d’armement ».
La prolifération croissante des drones sur la ligne de front, et de plus en plus en profondeur derrière les lignes ennemies, a forcé une révision des systèmes de défense aérienne. Il n’est pas rentable d’utiliser des missiles coûteux pour abattre des drones, d’où la nécessité de développer de nouveaux systèmes moins onéreux.
Lors d’une conférence de presse, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a expliqué que l’objectif du projet était de « développer rapidement et à moindre coût des systèmes innovants, notamment pour la défense contre les drones, puis de les produire en série tout aussi rapidement ».
Le ministre britannique d’État chargé de l’industrie de la défense, Luke Pollard, a précisé que chaque pays membre du groupe avait pris un engagement financier de plusieurs millions de dollars pour avancer rapidement sur la technologie nécessaire à la production des composants du nouveau système « dans un délai de 12 mois ».
Par ailleurs, les ministres ont convenu vendredi de « prendre une responsabilité accrue » pour garantir la sécurité du continent en œuvrant vers une « OTAN plus européenne ».
L’an dernier, lors d’un sommet à La Haye et sous la pression de l’administration américaine, les membres de l’OTAN se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 5 % de leur PIB d’ici 2025, contre un objectif antérieur fixé à 2 %.
Au cours de cette réunion, les ministres ont insisté sur la nécessité d’« une répartition équitable du fardeau entre Alliés », un sujet qui a longtemps créé des tensions entre l’Europe et les États-Unis.
« Nous œuvrerons pour une OTAN plus européenne, renforçant la posture de défense européenne », ont-ils affirmé dans une déclaration commune.
La Pologne, plus grand pays du flanc est de l’OTAN et voisin de la Russie ainsi que de son allié proche, la Biélorussie, est le pays européen qui consacre la part la plus importante de son PIB à la défense, avec 4,48 % l’an dernier.