L’armée américaine prolonge la durée des séjours en Corée du Sud dans le but de réduire la fréquence des déménagements et de diminuer les coûts. Cette nouvelle politique vise à offrir plus de stabilité aux soldats et à leurs familles en limitant les déplacements fréquents.
Traditionnellement, les soldats sont affectés à des unités en Corée du Sud pour une durée d’un an, avec la possibilité d’étendre cette période à deux ou trois ans s’ils sont accompagnés de leur famille. Dorénavant, les soldats célibataires bénéficieront de séjours de deux ans, tandis que ceux avec famille se verront attribuer des affectations de trois ans, selon une nouvelle directive révélée récemment.
Cette mesure harmonise la durée des séjours en Corée avec celle des autres affectations à l’étranger, comme en Allemagne, au Japon ou en Italie, qui proposent depuis longtemps des tours de deux ans sans famille et trois ans avec famille. Plusieurs bases militaires accueillent ces soldats en Corée du Sud, la plus grande étant le Camp Humphreys, situé à environ 65 kilomètres au sud de Séoul, où sont stationnés environ 40 000 militaires actifs, civils et membres de familles.
Le colonel Arron Lummer, chef adjoint d’état-major de la 8e Armée, a déclaré que l’allongement des séjours rendrait la mission en Corée plus « satisfaisante » en réduisant le stress lié aux mouvements fréquents et en offrant plus de stabilité sur le plan professionnel et familial.
Les déménagements récurrents représentent un défi majeur pour les épouses et les familles militaires, qui dénoncent les difficultés à changer d’emploi régulièrement et à trouver une garde d’enfants adaptée dans un nouvel environnement, ce qui complique la vie militaire comparée à celle du civil.
En mai dernier, le Pentagone a demandé aux différentes armées d’élaborer des plans visant à réduire le nombre de permanent change of station (PCS), c’est-à-dire les déménagements permanents, afin de diminuer la pression sur les soldats et leurs familles tout en réalisant des économies. Selon le colonel Lummer, les discussions sur l’allongement des tours en Corée avaient commencé avant cette directive, mais partagent les mêmes objectifs.
« Le déplacement des soldats et de leurs familles est coûteux, en termes financiers, de préparation opérationnelle et de disponibilité du personnel. Prolonger la durée des missions en Corée réduit directement la fréquence de ces déplacements, ce qui permet de réaliser des économies pour les armées et d’améliorer la préparation des soldats, des unités et des familles », a-t-il expliqué.
Cette nouvelle politique s’appliquera aux militaires affectés en Corée du Sud à partir du 1er octobre. Ceux qui sont déjà en poste termineront leur affectation initiale, et toute extension sera volontaire, sauf nécessité opérationnelle.
Il est toutefois prévu de maintenir quelques cas limités de séjours de 12 mois pour des soldats seuls. Dans ces situations, une indemnité de séparation familiale leur sera versée.
« Nous comprenons que certains militaires ne préfèrent pas forcément des séjours plus longs dès le départ. Toutefois, la plupart des affectations internationales se font déjà sur des durées plus étendues », a précisé le colonel Lummer, soulignant également que la Corée du Sud offre « des avantages exceptionnels », notamment une qualité scolaire élevée et une riche expérience culturelle, qui en font une affectation très prisée.
La nouvelle politique de PCS concerne les personnels en poste permanent et ne modifie pas le calendrier des rotations, comme celles du 1-4 Stryker Brigade Combat Team, qui déploie régulièrement des troupes en Corée pour des séjours de neuf mois.
Les responsables de l’armée précisent que ces changements n’auront pas d’impact sur le nombre total de troupes stationnées ou déployées en Corée du Sud, chiffre fixé par le Congrès. La loi annuelle de défense 2026 fixe à 28 500 le nombre de militaires présents dans le pays.
Cependant, un reportage du Wall Street Journal en mai dernier indiquait que l’administration Trump envisageait de retirer des milliers de soldats de Corée du Sud. Cette éventualité intervient alors que l’armée américaine ajuste sa posture stratégique vers la région du Pacifique, en préparation d’un éventuel conflit majeur avec la Chine, dans le cadre de discussions plus larges sur le déploiement global des forces américaines.