Au Fort Leonard Wood, dans le Missouri, le Maneuver Support Battle Lab de l’Army Futures Command a récemment clôturé l’édition 2024 de l’exercice Maneuver Support and Protection Integration eXperiments (MSPIX). Déployé du 6 au 23 mai sur plusieurs sites de la base, l’événement a permis d’évaluer seize technologies émergentes destinées à renforcer les capacités des soldats sur le terrain.
MSPIX met en relation soldats et innovateurs pour des expérimentations opérationnelles concrètes
D’après Kyle Henry, chef du département expérimentation au sein du MSBL et l’un des organisateurs principaux, MSPIX a pour vocation de fournir aux soldats des outils dernier cri tout en offrant aux développeurs et chercheurs un cadre crédible pour valider leurs concepts et matériels en conditions réalistes.
Des militaires issus des bases de Fort Leonard Wood, Fort Bliss au Texas et Fort Riley au Kansas ont participé à ces évaluations. « Impliquer les soldats dès les premières phases de conception d’une capacité est essentiel pour orienter le produit final et garantir son adéquation avec leurs besoins », souligne Henry. Il précise que les régiments du Maneuver Support Center of Excellence et des représentants de la communauté de la fonction de protection étaient invités à observer les tests.
Jarret Ellis, ingénieur au MSBL, insiste également sur l’importance de cette collaboration précoce : « Lorsque les entreprises privées proposent de nouvelles technologies, les soldats peuvent leur indiquer la bonne direction. Souvent, les concepteurs ne sont pas des combattants sur le terrain, mais des universitaires, ingénieurs ou scientifiques. MSPIX permet de faire se rencontrer ces groupes. »
Les évaluations ont impliqué des soldats spécialisés dans l’ingénierie, la police militaire ainsi que les domaines chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN).
Focus sur la détection de menaces enfouies grâce à un drone innovant
Le 15 mai, des militaires du 16th Brigade Engineer Battalion de Fort Bliss et de la 50th Multi-Role Bridge Company basée à Fort Leonard Wood ont testé un drone programmé pour détecter en temps réel des explosifs souterrains via une surveillance aérienne.
Les soldats ont reçu des consignes pour configurer le système Airborne Ground Mines Detection System (AGMDS), calibrer le logiciel et préparer l’aéronef télépiloté pour balayer une zone ciblée. Une fois les opérations lancées, le drone a survolé le terrain d’entraînement en transmettant les données en direct vers un ordinateur surveillé par les soldats.
« Aujourd’hui, nous évaluons un moyen de détecter les menaces explosives. Nous travaillons à identifier des pièges enterrés ou partiellement enfouis qui peuvent causer des pertes humaines et matérielles », explique Ellis. « C’est l’une des premières utilisations d’un système UAS capable d’identifier ces dangers sans exposer les soldats. »
Parmi les technologies pilotées par Henry cette année, l’AGMDS figure en tête, tout comme les robots dédiés aux opérations d’ingénierie et les capteurs CBRN embarqués sur plateformes robotiques.
« Le système REO (Robotic Engineering Operations) offre un façonnage autonome du terrain à distance. Le CSIRP (Chemical, Biological, Radiological, and Nuclear Sensors in Robotic Platforms) est une reconnaissance autonome qui transmet des informations au commandement », précise Henry.
Perspectives pour MSPIX 2025
Selon Henry, les thématiques mises en avant lors de la prochaine édition porteront notamment sur le franchissement de zones aquatiques, la compréhension situationnelle et l’aide à la décision pour la protection, ainsi que sur l’occultation, le camouflage et l’évaluation des sites industriels toxiques.