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La marine indienne s’apprête à renforcer significativement ses capacités de guerre sous-marine avec le développement de ses prochains sous-marins d’attaque nucléaires, provisoirement désignés comme la classe P77. D’après les documents d’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI), ces sous-marins sont conçus pour atteindre une vitesse de pointe de 25 nœuds en mode silencieux, une performance qui les place au niveau des avancés sous-marins américains de la classe Virginia et devant les sous-marins chinois de type 095. Ce projet ambitieux reflète la volonté stratégique de l’Inde d’accroître sa puissance navale et d’affirmer son influence dans la région indo-pacifique.

Au cœur du design du P77 se trouve son système avancé de propulsion nucléaire-électrique (NEP), qui devrait permettre au sous-marin d’atteindre ces 25 nœuds tout en maintenant une discrétion acoustique quasi totale. Ce mode silencieux est essentiel pour un sous-marin d’attaque, puisque la furtivité reste un facteur clé pour éviter la détection et mener des opérations efficaces contre des adversaires. La capacité à conserver des vitesses élevées en mode furtif aligne le P77 sur la classe Virginia, reconnue pour sa polyvalence et sa discrétion. En comparaison, les sous-marins chinois de type 095, certes performants, seraient en retrait sur ce critère, ce qui pourrait conférer au P77 un avantage décisif lors d’engagements sous-marins.

Le système NEP représente un saut technologique important pour l’Inde, combinant l’endurance offerte par la propulsion nucléaire à la quasi-absence de bruit caractéristique de la propulsion électrique. Cette architecture hybride autorise des missions prolongées sans besoin fréquent de ravitaillement, une caractéristique inhérente aux sous-marins nucléaires, tout en minimisant la signature acoustique. Par ailleurs, l’AMI suggère que le P77 pourrait intégrer un mode de propulsion conventionnel en secours, permettant d’atteindre des vitesses supérieures, potentiellement au-delà de 30 nœuds. Cette double motorisation offrirait une flexibilité opérationnelle, permettant au sous-marin d’effectuer des sprints rapides lorsque nécessaire, tout en conservant une furtivité optimale lors des missions secrètes.

Le développement du P77 intervient dans un contexte de compétition navale accrue dans la région indo-pacifique, notamment avec l’expansion rapide de la Marine populaire de libération chinoise (PLAN). Les sous-marins chinois de type 093B, une version améliorée de la classe Shang, restent redoutables, mais les capacités annoncées du P77 laissent envisager une supériorité qualitative pour l’Inde. La possibilité de maintenir 25 nœuds en mode silencieux offrirait au P77 une meilleure capacité de manœuvre et de discrétion que ses homologues chinois dans des scénarios cruciaux, tels que le suivi de navires ennemis ou la sécurisation de routes maritimes stratégiques.

Sauf avancées technologiques majeures du PLAN dans la prochaine décennie, le P77 devrait conserver un avantage de performance face au type 093B, voire au type 095 encore en développement. Cet avantage est d’autant plus critique dans l’océan Indien, où l’Inde cherche à protéger ses intérêts maritimes face à la présence croissante de la Chine, qui multiplie notamment ses bases navales et ses opérations de lutte contre la piraterie pouvant avoir des objectifs stratégiques multiples.

Les sous-marins P77, grâce à leur mode silencieux à grande vitesse et leur système de propulsion avancé, pourront changer la donne stratégique de la marine indienne. En égalant la classe Virginia américaine et en surpassant les sous-marins chinois actuels, le P77 positionnera l’Inde comme une puissance navale majeure dans l’Indo-Pacifique. Ils renforceront la capacité de l’Inde à projeter sa puissance, à sécuriser ses frontières maritimes et à dissuader d’éventuels adversaires dans une région de plus en plus contestée.