Article de 641 mots ⏱️ 3 min de lecture

Lors du sommet de l’OTAN qui se tiendra la semaine prochaine à Ankara, les membres européens de l’alliance ainsi que le Canada s’engageront à fournir à l’Ukraine une aide militaire majeure, estimée à 70 milliards d’euros (environ 80 milliards de dollars) répartis sur cette année et la suivante, ont indiqué des diplomates vendredi.

Cette promesse, incluse dans la déclaration finale du sommet, prévoit 30 milliards d’euros par an provenant d’un prêt de l’Union européenne, ainsi que des fonds déjà engagés par les pays membres, ont précisé les diplomates.

Ce geste, en grande partie symbolique, vise à démontrer au président américain Donald Trump que les alliés ont pleinement pris en charge le financement de la lutte de l’Ukraine contre la Russie, alors que Washington a freiné son soutien financier direct.

Il s’agit également d’afficher une soutien ferme envers le président ukrainien Volodymyr Zelensky, présent au sommet, à un moment où son pays semble inverser la tendance sur le terrain.

Les diplomates ont souligné que le cumul du prêt européen et des promesses déjà faites met l’objectif des 70 milliards d’euros par an à portée de main.

L’Allemagne, désormais premier soutien financier de l’Ukraine, a insisté pour que cet engagement soit officialisé afin d’inciter d’autres pays européens à accroître leur contribution.

Quelques réticences ont été exprimées, notamment par l’Italie concernant la formalisation écrite de l’engagement, mais la promesse a finalement été approuvée vendredi par les ambassadeurs à l’OTAN.

Le président Zelensky participera à un dîner avec les dirigeants de l’OTAN mardi, mais ne sera pas présent lors de la séance plénière du sommet le lendemain, laissant ainsi l’Ukraine en marge des discussions officielles.

Les autorités souhaitent éviter que la question ukrainienne ne domine trop l’agenda, par crainte de provoquer la contrariété de Donald Trump, dont les efforts pour mettre fin au conflit sont bloqués.

Cependant, le président américain a semblé plus ouvert envers l’Ukraine lors du récent sommet du G7, une dynamique que les autres chefs d’État pourraient chercher à renforcer.

Une déclaration succincte sur l’Iran

Comme le sommet lui-même, la déclaration finale sera rédigée de manière concise afin de limiter tout risque de confrontation avec Donald Trump.

Cette rencontre de l’OTAN en Turquie intervient alors que le président américain a critiqué les pays européens pour leur gestion de la crise liée à l’Iran.

La déclaration stipulera que l’Iran ne doit jamais se doter d’une arme nucléaire et appelera Téhéran à respecter la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.

Plusieurs pays européens ont déployé des forces navales à proximité du détroit afin d’en garantir l’accès dès que la situation le permettra.

Cependant, aucune mention d’une éventuelle mission européenne ou de l’OTAN ne figurera dans le texte, en raison de la volatilité persistante de la situation malgré un fragile accord de cessez-le-feu.

Les alliés espèrent profiter du sommet pour convaincre Donald Trump qu’ils respectent leur engagement pris l’an dernier d’augmenter leurs dépenses de défense à 5 % de leur PIB d’ici 2035.

La déclaration insistera sur la nécessité d’« une Europe plus forte au sein d’une OTAN renforcée », alors que Washington continue d’exhorter ses partenaires à assurer eux-mêmes leur sécurité.

Jeudi, Donald Trump a une nouvelle fois critiqué la lenteur des efforts européens en matière de défense, qualifiant de « ridicule » la relation unilatérale de soutien des États-Unis au sein de l’OTAN.