Le Commandement des opérations spéciales de l’US Air Force (AFSOC) a récemment conclu l’exercice Emerald Warrior 25.2, un entraînement militaire de grande envergure visant à tester la capacité de l’Air Force à coordonner les forces conventionnelles et spéciales dans des zones contestées. La majeure partie de cet exercice s’est déroulée en Arizona et en Californie, avec toutefois une phase clé dans les Caraïbes.
Alors que les aviateurs s’entraînaient dans le Sud-Ouest américain, une autre phase d’Emerald Warrior 25.2 se tenait simultanément dans le sud de la mer des Caraïbes. Durant la dernière semaine d’août, un groupe mêlant contrôleurs de combat, troupes de reconnaissance spéciale et pararescuemen a pratiqué la saisie d’un aérodrome, utilisé comme base pour des opérations étendues de recherche et sauvetage, ainsi que pour des missions de reconnaissance et d’opérations de saut d’île en île. Bien que les exercices aient été planifiés à l’avance, cette démonstration de la rapidité de déploiement des commandos aériens coïncidait avec le déploiement par l’armée américaine d’une importante force navale dans la région.
Les unités de tactiques spéciales de la 123e Escadre de transport de la Garde aérienne nationale du Kentucky ont pris le contrôle d’un aérodrome le 26 août à l’aéroport Henry E. Rohlsen sur l’île de Sainte-Croix, aux îles Vierges américaines. Selon l’AFSOC, un C-130J a survolé la zone avec six commandos aériens sautant en parachute vers la mer pour rejoindre une embarcation pneumatique. Pendant ce temps, 11 pararescuemen et contrôleurs de combat ont sauté directement sur la piste d’atterrissage. Les troupes se sont regroupées pour sécuriser la zone et permettre l’atterrissage du C-130J afin de décharger le matériel. L’exercice visait à tester la rapidité et l’efficacité avec lesquelles les forces peuvent capturer un aérodrome ennemi puis déployer rapidement des équipements pour poursuivre les opérations.
Sainte-Croix a été choisie en partie pour ses conditions tropicales, jugées idéales pour entraîner les aviateurs à opérer dans des environnements similaires à ceux où ils seront déployés.
“Les opérations dans les Caraïbes simulent de nombreuses caractéristiques géographiques que nos forces peuvent rencontrer lorsqu’elles sont déployées à travers le monde,” a expliqué un officier non identifié d’AFSOC. “Surmonter les défis présentés ici nous rendra plus létaux et efficaces lors de futures opérations littorales partout dans le monde.”
AFSOC a utilisé Sainte-Croix comme terrain d’entraînement pour plusieurs exercices simulant des raids sur de petites bases ennemies dans un contexte de saut d’îles. Les aviateurs ont mené des missions d’infiltration, notamment en étant transportés par des hélicoptères UH-60 Black Hawk pilotés par des équipages de la Garde nationale de l’armée du Mississippi, et ont utilisé l’île comme point de départ pour une mission de reconnaissance maritime vers une autre île occupée par des forces adverses. Des scénarios de catastrophe, allant de victimes en masse à des opérations de recherche et sauvetage de pilotes d’avions abattus, ont également été pratiqués, avec le soutien d’éléments de la Garde côtière américaine.
Pendant que ces unités s’entraînaient, l’armée américaine renforçait progressivement sa présence navale dans la région. Au cours du mois d’août, la Marine a déployé trois destroyers classe Aegis, un croiseur lance-missiles, un sous-marin d’attaque rapide ainsi qu’un groupe amphibie de trois bâtiments transportant la 22e unité expéditionnaire de Marines, engagée dans des opérations de lutte contre le trafic de drogue. La semaine dernière, cette force navale a ouvert le feu sur un navire quittant le Venezuela en direction de Trinité, provoquant la mort de tous les occupants. Le président américain et les hauts responsables de l’administration Trump ont qualifié le bateau de “narcoterroriste” transportant des trafiquants liés à une organisation terroriste étrangère, bien qu’aucune preuve formelle n’ait été présentée.
Par ailleurs, dix F-35 ont été déployés à Porto Rico pour soutenir les opérations anti-trafic dans la région. L’unité à laquelle appartiennent ces chasseurs furtifs ainsi que leur base d’opérations n’ont pas été précisés. Cette importante mobilisation navale n’était pas liée à l’exercice Emerald Warrior 25.2, mais elle a néanmoins positionné une force navale et une composante d’opérations spéciales dans la même zone.
L’exercice Emerald Warrior s’inscrivait dans une série d’exercices menés à l’échelle du Département de l’Armée de l’Air, regroupant de vastes entraînements interarmées. Ces opérations allaient des exercices en Arctique en Alaska jusqu’à la saisie d’aérodrome dans les Caraïbes, impliquant des unités aériennes ainsi que la surveillance satellitaire de l’US Space Force.