Outre l’Allemagne, l’Espagne souhaite également acquérir la nouvelle génération du missile de croisière Taurus. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, s’est réjoui de cette annonce lors de la visite de sa collègue espagnole, Margarita Robles, à Berlin.
Actuellement, l’armée de l’air et de l’espace espagnole équipe ses chasseurs EF-18 du missile Taurus KEPD 350. Ce missile avancé, à longue portée et doté d’une ogive intelligente unique, offre un avantage stratégique et tactique significatif. Il est spécifiquement conçu pour frapper des bunkers et des infrastructures souterraines en profondeur, même dans des zones d’accès restreint ou interdit.
Selon des sources bien informées, la Bundeswehr prévoit d’acquérir à son tour une importante quantité de missiles de croisière Taurus d’ici fin 2025, début 2026 au plus tard. Le Taurus NEO représente une version améliorée de ce missile, intégrant des systèmes de capteurs et de navigation plus modernes, écartant toute obsolescence technologique.
Le ministère fédéral allemand de la Défense (BMVg) a indiqué que les deux ministres ont également exprimé leur confiance dans le projet commun avec la France pour le développement d’un avion de combat de sixième génération.
Boris Pistorius a annoncé la tenue d’une réunion trilatérale à Berlin cet automne pour discuter des questions restantes liées au projet FCAS (Future Combat Air System). Il a souligné que les contrats déjà signés doivent constituer la base de la coopération industrielle entre les entreprises impliquées.
Il convient de rappeler que le groupe aéronautique français Dassault revendique la direction du projet FCAS, avec une part de 80 % dans la conception du futur chasseur.
D’après le quotidien allemand Bild, le chancelier Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron discutent de la répartition des responsabilités dans le cadre du FCAS à la veille du Conseil franco-allemand des ministres à Toulon. Les responsables allemands du budget de la défense, Andreas Mattfeldt (CDU) et Andreas Schwarz (SPD), demandent au chancelier de ne pas céder aux exigences françaises.
L’enjeu est de taille pour l’industrie et l’emploi en Allemagne. Le gouvernement allemand n’exclut plus la possibilité de mettre un terme au programme FCAS si un accord satisfaisant n’est pas trouvé.
Lars Hoffmann