Le pays balte membre de l’OTAN, l’Estonie, prévoit d’acquérir six lanceurs supplémentaires du système de roquettes d’artillerie M142 HIMARS. En 2022, l’Estonie avait déjà commandé cette même quantité pour 200 millions de dollars (188 millions d’euros), livrée cette année. Des doutes avaient récemment émergé concernant une nouvelle commande, notamment à cause des difficultés de production et des délais rencontrés par le fabricant Lockheed Martin.
En octobre, l’Estonie a également passé commande du système sud-coréen K239 Chunmoo, développé par Hanwha Aerospace. Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a confirmé que l’acquisition de lanceurs HIMARS supplémentaires reste envisagée, avec des livraisons possibles en 2028-2029. Selon lui, Tallinn entend diversifier ses capacités de frappe de précision à longue portée en combinant HIMARS et Chunmoo, ainsi que des munitions à effet persistant (loitering) et des missiles de croisière.
Renforcer la défense aérienne et les capacités de frappe profonde
Face à son absence de profondeur stratégique directe et sa proximité avec la Russie, l’Estonie vise en priorité à renforcer ses moyens de défense aérienne et de “deep strike”. Pour cela, un plan d’investissement quadriennal doté d’un budget de 2,8 milliards d’euros est en cours. En matière de défense antiaérienne, le pays, qui disposait jusqu’ici uniquement de canons antiaériens et de missiles portables sol-air (MANPADS), s’équipe du système allemand IRIS-T SLM à moyenne portée.
Le système HIMARS utilise des munitions de la famille MLRS, d’un calibre de 227 mm, en conteneur de 6 roquettes ou en lanceur d’une roquette balistique ATACMS unique, monté sur un châssis à roues. Ce système a notamment connu un emploi efficace en Ukraine. Le Chunmoo sud-coréen est un véhicule d’artillerie à roquettes automoteur capable de tirer des projectiles de calibre 130 mm ou 239 mm sur des distances allant jusqu’à 36 km ou 80 km respectivement.
La munition la plus récente compatible avec Chunmoo est la roquette balistique CTM-290, de calibre 290 mm et portée de 290 kilomètres. Le véhicule lanceur peut embarquer deux conteneurs de calibres différents, complétés par un véhicule de rechargement transportant quatre autres conteneurs. Outre la Corée du Sud, le système a été adopté par d’autres États, notamment la Pologne – membre de l’OTAN – sous la désignation Homar-K. La Norvège et la Roumanie ont également manifesté leur intérêt.