Les alliés européens de l’OTAN compensent largement les réductions américaines dans les plans de défense de l’alliance, a déclaré le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême de l’OTAN, tout en précisant que des solutions alternatives sont étudiées pour pallier les dernières insuffisances.
En quelques semaines, les pays européens membres de l’OTAN ont comblé la majeure partie des lacunes laissées par les réductions américaines dans le modèle de forces de l’alliance, a indiqué le général Grynkewich en réponse à une demande de commentaire. « Dans les rares domaines où cette compensation n’a pas encore été possible, faute de capacité équivalente, nous explorons des options alternatives offrant un effet similaire », a-t-il ajouté.
En mai dernier, les États-Unis ont informé leurs alliés de leur décision de réduire le volume des capacités militaires qu’ils s’engagent à mettre à disposition en cas de crise au sein de l’OTAN. Cette annonce soulève des questions importantes à quelques semaines du sommet de l’OTAN prévu à Ankara les 7 et 8 juillet.
Selon le général Grynkewich, cette démarche vise à mettre un terme progressif à une « co-dépendance malsaine » vis-à-vis des forces américaines, Washington devant désormais se préparer à une éventualité de confrontations simultanées sur plusieurs théâtres.
Mi-juin, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait affirmé que d’autres alliés augmentaient leurs contributions, ce qui permettrait de compenser « une grande partie » des déficits, sans en préciser la nature. Une source interne à l’alliance a par ailleurs indiqué que la quasi-totalité des manques provoqués par les réductions américaines seraient couverts par les membres européens lors du sommet d’Ankara.
La principale insuffisance restant à combler concerne les bombardiers stratégiques, les États-Unis ayant précisé qu’ils ne mettraient à disposition qu’un seul appareil au lieu de deux, selon cette même source anonyme.
Réductions allant des chasseurs aux drones
Bien que le Pentagone n’ait pas officiellement communiqué les détails de ces diminutions, celles-ci couvrent un large spectre d’équipements, allant du ravitaillement en vol aux avions de chasse, en passant par les drones et les navires, d’après des informations obtenues auprès d’un interlocuteur militaire.
Le nombre de chasseurs F-15 et F-15E américains disponibles pour l’OTAN sera réduit d’un tiers, passant à 99 appareils, tandis que la flotte de drones MQ-4 et MQ-9 Reaper sera diminuée de moitié, à 12 unités.
Les avions ravitailleurs KC-135 et KC-46 verront leurs effectifs baisser de 79 à 63. De plus, au lieu de deux, un seul bombardier stratégique et un porte-avions seront désormais engagés.
Les avions de patrouille maritime passeront de 26 à 15. Le nombre de destroyers affectés baissera de 17 à 9, et le seul sous-marin équipé de missiles de croisière se retirera également des engagements pris par les États-Unis.
Face à ces évolutions, l’alliance transatlantique est soumise à une pression inédite. Plusieurs pays européens redoutent que Washington mette à exécution les menaces récurrentes du président américain Donald Trump de réduire son engagement ou de se retirer de l’OTAN.