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Le Royaume-Uni confirme que l’acquisition des Chinook H-47 à portée étendue suit son cours, avec un calendrier de livraison et une transition pilotée pour assurer la continuité opérationnelle. Ce programme doit renforcer significativement les capacités de transport lourd de l’armée britannique tout en conservant l’interopérabilité avec ses alliés.

Le gouvernement britannique a réaffirmé que la commande du H-47 Chinook à portée étendue pour la Royal Air Force progresse conformément aux prévisions. Des réponses écrites officielles confirment le lancement de la construction aux États-Unis et exposent un plan de transition destiné à préserver la disponibilité opérationnelle tout au long du renouvellement.

Cette position fait suite au rapport de la toute récente Autorité nationale de transformation des infrastructures et des services (NATIS), chargée d’évaluer la confiance dans la livraison des programmes militaires majeurs. Deux dates clés jalonnent ce calendrier :

  • Le 13 mai 2025, la confirmation officielle indique que la fabrication des deux premiers fuselages du H-47ER a commencé à Philadelphie, avec une livraison initiale prévue pour 2027.
  • La transition de la flotte sera graduelle : les quatorze H-47ER remplaceront progressivement les quatorze Chinook plus anciens à partir de janvier 2027, dans le but de maintenir la pleine disponibilité des moyens.

Ce schéma correspond à la stratégie du ministère britannique qui vise à réduire les risques de rupture capacitaire au milieu de la décennie. Le Chinook H-47 à portée étendue conserve sa configuration bien connue en rotor tandem, mais intègre une cabine numérique moderne, un pilote automatique de nouvelle génération et un système de gestion du vol amélioré qui allège la charge des équipages, particulièrement en mode vol aux instruments et lors d’approches difficiles.

La portée accrue provient notamment de réservoirs latéraux plus volumineux intégrés aux flotteurs latéraux, ainsi que d’optimisations structurelles et de consommation issues de la version Block II. La propulsion repose sur la motorisation T55, déjà éprouvée, assurant une puissance suffisante pour le transport de charges lourdes dans des conditions de chaleur et d’altitude.

Par ailleurs, l’intégration de moyens modernes de guerre électronique et d’un système de contrôle de vol britannique renforcent l’interopérabilité tout en facilitant la maintenance.

Le risque lié à la certification, signalé par la National Infrastructure and Security Technology Authority (NISTA) à l’été 2025, reste sous étroite surveillance. Le régulateur britannique a insisté sur la nécessité d’un échange fluide d’informations entre les autorités américaines et britanniques pour respecter le calendrier. Le ministère suit de près les progrès, avec des essais en vol prévus dès 2027, et vise la certification finale de l’Autorité de l’aviation militaire du Royaume-Uni.

Le défi reste de protéger les technologies sensibles tout en assurant une qualification continue du nouvel appareil.

Grâce à cette extension de portée, le H-47ER est conçu pour relier sans escale des bases avancées éloignées, soutenir des points d’appui disséminés, insérer rapidement une section complète en une seule rotation ou extraire du matériel dans des zones austères. Le transport externe suspendu demeure un atout clé pour acheminer de l’artillerie, du matériel d’ingénierie ou des plateformes alliées. Sa puissance disponible dans les environnements chauds et en haute altitude, ses performances en stationnaire et sa cabine dégagée améliorent les capacités d’approches nocturnes et sécurisent les trajectoires dans des terrains complexes.

Du point de vue du commandement, les bénéfices attendus se traduisent par un nombre réduit de sorties pour un même effet logistique, ce qui stabilise le rythme opérationnel avec une empreinte moindre.

Sur le plan de la préparation, Londres a déjà intensifié la formation humaine. Les documents parlementaires signalent le démarrage, en août 2025, de la formation des instructeurs britanniques aux États-Unis, en parallèle des développements sur les outils de simulation. Ce processus standard assure que les équipages soient opérationnels dès la réception des premiers appareils.

Les informations publiques et les appels industriels confirment également l’intégration du système commun de contre-mesures infrarouges développé par Northrop Grumman, protégeant la flotte contre les menaces à guidage infrarouge. De plus, que ce soit avec des MH-47G américains lors d’exercices conduits en 2024, les Britanniques ont déjà testé les procédures de ravitaillement en vol, même s’ils ne possèdent pas encore de capacité organique de ravitaillement aérien pour hélicoptères.

Cette décision consolide la capacité de transport vertical lourd de l’OTAN à un moment où la logistique aérienne redevient un enjeu clé, du Baltique au Moyen-Orient. Le choix britannique souligne la volonté d’ancrage transatlantique avec des avantages manifestes en termes d’interopérabilité et de chaînes d’approvisionnement, bien que des contraintes liées au contrôle des technologies sensibles et au rythme d’échange d’informations affectent le processus de certification.

Si le calendrier officiel est respecté, la mise en service progressive des quatorze H-47ER à partir de 2027 offrira à la RAF un outil robuste pour les opérations spéciales, les ponts aériens intrathéâtres et les déploiements maritimes, tout en consolidant la position industrielle transatlantique sur ce segment stratégique.