Le Parlement britannique a débattu des projets visant à étendre la capacité de UK Export Finance (UKEF). Les députés, issus de différentes tendances politiques, ont unanimement soutenu l’accompagnement des exportateurs tout en exprimant des divergences marquées sur le rôle des subventions, les conséquences du Brexit et les priorités régionales.
Dame Harriett Baldwin, porte-parole du parti conservateur, a affirmé que son camp soutient la modernisation des lois remontant à 1982 et 1991, afin de doter le gouvernement des outils nécessaires pour soutenir les exportateurs britanniques. Elle a souligné que les entreprises du Royaume-Uni ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à concurrencer à l’international « avec les bonnes conditions » et que la mise à jour du cadre législatif permettrait de pérenniser ce succès.
Baldwin a mis en avant des contrats récents garantis par UKEF, preuve de la demande mondiale pour l’ingénierie, l’aérospatial et la défense britanniques. Elle a cité des garanties telles que « 165 millions de livres pour la fourniture à Ethiopian Airlines, 102 millions pour Avolon en Irlande et 66 millions pour Emirates à Dubaï », ainsi que des exportations dans la défense, où « BAE Systems et MBDA ont reçu plus de 120 millions de livres par contrat majeur », y compris le soutien aux systèmes de défense aérienne en Pologne.
Elle a toutefois insisté sur le fait que UKEF doit rester un filet de sécurité et non un substitut au financement privé. « UK Export Finance ne devrait être mobilisé que lorsqu’aucune solution du secteur privé n’est disponible », a-t-elle précisé. Elle a également indiqué que les conservateurs ne soutiennent pas une augmentation des subventions financées par les contribuables tant que des questions telles que « les prix de l’énergie, la fiscalité et la réglementation » ne sont pas résolues. Par ailleurs, elle a soulevé des interrogations sur l’équilibre régional, l’accès des PME, l’application des sanctions et le rôle des ambassades dans le soutien aux exportations.
Pour le parti travailliste, Ben Coleman a salué le projet de loi comme un élément clé de l’agenda commercial global du gouvernement, précisant qu’il permettrait « d’élargir et de clarifier le plafond des dépenses pour UK Export Finance ». Il a qualifié UKEF d’outil « doté d’un passé très honorable dans la promotion des exportations britanniques et le soutien à des milliers d’entreprises ainsi qu’à des dizaines de milliers d’emplois ».
Coleman s’est appuyé sur son expérience en tant qu’envoyé commercial pour le Maroc et l’Afrique francophone de l’Ouest, mettant en lumière l’engagement récent au Togo et dans les pays voisins. Il a salué le rôle d’UKEF dans l’organisation conjointe d’un forum commercial régional, promouvant ce qu’il considère comme une approche britannique basée sur « la co-production plutôt que l’extraction ».
Il a aussi souligné que UKEF a un rôle à jouer à proximité, notamment dans la reconstruction des échanges commerciaux avec l’Union européenne. Coleman a qualifié le Brexit d’« absolument désastreux » pour le commerce, affirmant que « plus de 16 000 PME ont cessé de commercer avec l’UE ». Il a salué les efforts du gouvernement pour réinitialiser les relations avec Bruxelles et appelé à aller plus loin, notamment par la reconnaissance mutuelle des évaluations de conformité et des qualifications professionnelles.