La Force aérienne indienne (IAF) adopte une stratégie progressive pour dévoiler l’ampleur des frappes dévastatrices réalisées contre la Force aérienne pakistanaise (PAF) lors de l’Opération Sindoor, menée du 7 au 10 mai 2025. Plutôt que de révéler immédiatement l’intégralité de ses succès, l’IAF diffuse par étapes des preuves témoignant d’un nombre de cibles touchées bien supérieur aux premières annonces. Cette méthode, évoquée lors du sommet NDTV Defence, vise à maintenir une pression psychologique constante sur le Pakistan, le plaçant en position de faiblesse tout en mettant en lumière son incapacité à contrer les capacités de précision indiennes.
Lancée en réponse à l’attaque terroriste du 22 avril à Pahalgam, qui a fait 26 morts civils, l’Opération Sindoor a consisté en frappes précises contre neuf camps terroristes au Pakistan et au Pakistan-occupied Kashmir (PoK). Elle a été suivie d’attaques contre 11 bases aériennes pakistanaises en représailles aux incursions par drones et missiles. Dans un premier temps, l’IAF avait annoncé avoir touché des infrastructures clés telles que des hangars et des nœuds électriques sur des bases comme Bholari et Jacobabad, avec la destruction confirmée d’un AWACS, de F-16 et du radar RAC 3D. Cependant, les récentes révélations présentées lors du sommet indiquent que le nombre réel de cibles atteintes dépasse largement ces chiffres initiaux. Le vice-maréchal de l’air Narmdeshwar Tiwari a ainsi déclaré que « d’autres détails seront divulgués avec le temps », soulignant la profondeur de l’opération.
Cette révélation progressive est une manœuvre délibérée visant à maximiser l’humiliation et le pouvoir dissuasif. En diffusant par tranches des images satellite, des données opérationnelles et des évaluations des cibles — comme la récente confirmation de la frappe du radar RAC 3D à la base aérienne de Shahbaz — l’IAF laisse le Pakistan dans l’incertitude quant à l’ampleur réelle des dégâts. Cette approche contraste avec la minimisation initiale des pertes par Islamabad, où le porte-parole, le lieutenant-général Ahmed Sharif Chaudhry, évoquait uniquement « des dommages mineurs », une version de plus en plus mise en doute par chaque nouvelle divulgation.
Les analystes présents au sommet ont souligné que cette méthode de diffusion étagée remplit plusieurs objectifs. « Il s’agit d’une forme de guerre psychologique, qui maintient la PAF et ses dirigeants à Rawalpindi dans un état d’attente anxieuse en prévision de futures révélations », a expliqué un maréchal de l’air à la retraite. L’IAF a déjà présenté des frappes sur des actifs stratégiques comme le radar du système de défense aérienne Spada 2000, les infrastructures électriques à Jacobabad, ainsi que plusieurs hangars abritant des F-16. Les prochaines annonces devraient dévoiler d’autres sites radar, des dépôts de carburant et des centres de commandement dans des bases telles que Sargodha et Skardu, ce qui pourrait porter le total des cibles touchées de neuf à plus de vingt.
Cette tactique s’inspire de précédents historiques, notamment la guerre indo-pakistanaise de 1971, durant laquelle l’Inde avait progressivement révélé le nombre de prisonniers de guerre pour faire pression sur le Pakistan. Après l’Opération Sindoor, l’IAF amplifie son impact en partageant sur les réseaux sociaux et dans les forums internationaux des images fournies par Maxar Technologies, montrant cratères et débris, ce qui oblige le Pakistan à adopter une posture défensive à chaque nouveau lot de preuves.
Les premiers rapports sur l’Opération Sindoor avaient identifié neuf objectifs clés, mobilisant moins de 50 armes pour contraindre un cessez-le-feu le 10 mai. Toutefois, les déclarations du chef de l’IAF, l’Air Chief Marshal A.P. Singh, le 8 août, ainsi que les commentaires de Tiwari lors du sommet, témoignent d’une campagne plus étendue. L’analyse satellite confirme désormais des frappes secondaires sur des dépôts de carburant à la base de Murid, un radar secondaire à Pasrur, et un centre de renseignement électronique à Chunian, dans le cadre d’une offensive multidimensionnelle visant à réduire le rythme opérationnel de la PAF.
La destruction du radar RAC 3D à Shahbaz, élément clé du système Spada 2000, constitue une réussite récente majeure, avec des images montrant le site effondré et un cratère profond d’environ 30 mètres. Auparavant, l’IAF avait confirmé des frappes sur un AWACS à Bholari et des F-16 en maintenance à Jacobabad, corroborées par les données des satellites Maxar et KawaSpace. Cette stratégie de diffusion progressive laisse entendre que d’autres frappes précises, visant potentiellement les AWACS Erieye vieillissants de la PAF ou les batteries de missiles sol-air HQ-9, restent à détailler, chacune venant contester de manière croissante les affirmations pakistanaises sur leur résistance.