L’Indian Air Force (IAF) intensifie ses efforts en matière de systèmes sans pilote de nouvelle génération en collaborant avec une entreprise du secteur privé pour développer un système de drones en essaim d’une portée de 1 000 km, dédié aux attaques de saturation. Ce projet ambitieux vise à renforcer les capacités de frappe tactique de l’Inde et inclut l’étude de l’adaptation de ces munitions rôdeuses à très longue portée pour un lancement depuis les airs, ce qui pourrait révolutionner la stratégie opérationnelle de l’IAF.
Contrairement aux munitions conventionnelles, ces drones « kamikazes », également appelés munitions rôdeuses, peuvent rester en vol au-dessus d’une zone cible pendant de longues périodes, en identifiant et suivant automatiquement leurs cibles avant de les frapper avec une charge explosive en s’écrasant sur elles. Cette capacité les distingue des systèmes aériens sans pilote armés qui tirent des missiles, offrant une solution peu coûteuse et autonome pour saturer les défenses ennemies. Le système en cours de développement est conçu pour mener des attaques de saturation, déployant un grand nombre de drones qui neutraliseraient des cibles de haute valeur telles que des défenses aériennes, des postes de commandement ou des positions fortifiées.
Selon des sources proches du dossier, l’IAF envisage d’intégrer ces munitions rôdeuses longue portée sur des plateformes aéroportées, avec un intérêt particulier pour un lancement depuis des avions de transport. Le choix de l’avion adapté — qu’il s’agisse du C-130J Super Hercules, du C-295M ou de l’IL-76 — reste à déterminer, mais une installation spécifique au niveau de la rampe arrière pourrait être développée pour permettre ces déploiements en vol.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large de l’IAF visant à renforcer les capacités de défense indigènes dans le cadre du programme « Aatmanirbhar Bharat » (Inde autosuffisante). Bien que le nom de la société engagée ne soit pas divulgué, il s’agirait probablement de l’une des nombreuses start-ups indiennes spécialisées dans la technologie des essaims de drones, telles que NewSpace Research and Technologies ou Veda Aeronautics, qui ont démontré leur savoir-faire dans ce domaine. Par exemple, le système Sheshnaag-150 de NewSpace, doté d’une portée de 1 000 km et capable d’opérations en essaim, a déjà été testé en vol, montrant des capacités d’autonomie de navigation et d’attaques coordonnées. De son côté, le Sureshastra Mk-1 de Veda Aeronautics, une munition rôdeuse propulsée par un turboréacteur, est en cours de livraison à l’IAF, avec un potentiel d’adaptation au lancement aérien.
L’intérêt de l’IAF pour les munitions rôdeuses lancées depuis les airs s’appuie sur les enseignements tirés de conflits récents, notamment la guerre russo-ukrainienne, où les essaims de drones ont prouvé leur efficacité pour saturer les défenses et exécuter des frappes de précision. Ce système permettrait à l’IAF d’opérer plus efficacement dans des environnements contestés comme la Ligne de Contrôle Réelle (LAC) avec la Chine ou la Ligne de Contrôle (LoC) avec le Pakistan, en assurant une surveillance persistante et des frappes rapides tout en réduisant les risques pour les aéronefs habités.
Un élément clé du projet est le développement d’un mécanisme de lancement par la rampe arrière, qui autoriserait le déploiement de ces drones en essaim directement en vol depuis un avion de transport, facilitant ainsi des missions de grande envergure en un temps réduit. Le programme LOCUST (Low-Cost Unmanned Area Swarm Technology) du DRDO, qui consiste à lancer des essaims de drones depuis des avions comme le C-130J et le C-295M, pourrait constituer une première étape technique vers cette capacité. Néanmoins, l’intégration de munitions rôdeuses de grande taille dans des avions soulève plusieurs défis techniques, notamment la compatibilité avec les plateformes existantes, la gestion du poids de la charge utile et la stabilité aérodynamique lors du lancement.