L’Indian Air Force (IAF), encore marquée par le déploiement en conditions réelles du missile Rampage lors de l’opération Sindhoor en mai 2025, accélère la démarche d’industrialisation locale de cette roquette guidée supersonique d’origine israélienne par un transfert complet de technologie (ToT). Selon des sources proches du dossier, ce missile, connu en Inde sous le nom de High-Speed Low-Drag Mark 2 (HSL-D Mark 2), a infligé des dégâts significatifs aux infrastructures clés de la Pakistan Air Force (PAF), notamment des hangars blindés et des installations radar, lorsqu’il a été lancé depuis des chasseurs Jaguar et des Su-30MKI multirôles.
Avec sa capacité de tir à distance (standoff) de 250 km à moindre coût, s’avérant essentielle dans des espaces aériens contestés, l’IAF privilégie désormais une production locale via des entreprises publiques telles que Bharat Dynamics Limited (BDL). Ce choix est vu comme une solution intermédiaire, équivalente à un missile de croisière, en attendant la maturation dans cinq ans du missile Pinaka développé par l’Armament Research and Development Establishment (ARDE).
La validation opérationnelle du Rampage a modifié les dynamiques d’acquisition, les hauts responsables de l’IAF le qualifiant de « facteur d’égalisation » face aux défenses aériennes d’adversaires de même niveau. Contrairement aux missiles alimentés par batterie, qui perdent en efficacité sur des missions prolongées, le HSL-D Mark 2 utilise une propulsion solide couplée à une guidance hybride combinant GPS/INS avec des systèmes inertiels anti-brouillage, assurant une précision chirurgicale même face aux mesures de guerre électronique (EW) de la PAF. Un haut gradé de l’IAF a résumé cette fiabilité en affirmant : « Ce n’est pas prouvé par des batteries, c’est prouvé au combat », insistant sur la performance en cas de perte de signal GNSS. Intégré facilement sur des plateformes héritées sans modifications majeures des appareils, il a permis des frappes profondes à risque contrôlé, neutralisant plus d’une douzaine de cibles prioritaires lors des premières salves de l’opération Sindhoor, renversant clairement la balance en faveur de l’Inde.
L’opération Sindhoor, une riposte rapide de l’IAF aux incursions de la PAF le long de la Ligne de Contrôle (LoC), a mis en lumière la polyvalence de ce missile air-sol supersonique. Lancé depuis des profils d’entrée en basse altitude, le missile de 570 kg, chargé d’une ogive de 150 kg, a dévasté des hangars renforcés en béton sur des bases comme Rafiqui et Mushaf, tandis que les pilotes de Su-30MKI l’ont dirigé contre des lanceurs mobiles de missiles sol-air (SAM). Les Jaguar, équipés du système avionique DARIN III, ont tiré des salves doubles pour saturer les défenses, atteignant un taux d’impact de 95 % selon les rapports de debriefing post-mission consultés.
Le design du HSL-D Mark 2 est optimisé pour les environnements Anti-Access/Area Denial (A2/AD) : sa structure composite à faible observabilité réduit considérablement sa signature radar, et ses ailes déployables augmentent le temps de vol pour des manœuvres terminales d’évasion contre des systèmes comme le HQ-9. Avec une portée opérationnelle de 250 km, il survole largement les bombes non guidées classiques, permettant aux chasseurs de rester en sécurité hors de portée des enveloppes SAM à moyenne portée. La marine indienne l’a aussi adopté pour ses opérations embarquées sur le porte-avions INS Vikrant, où il sert d’arme de frappe littorale contre des cibles côtières. Plus de 200 exemplaires, acquis dans le cadre d’un contrat de 300 millions de dollars avec Israel Aerospace Industries (IAI) en 2023, ont déjà été utilisés ou stockés, mais la réduction des stocks en première ligne impose une relance de la production locale.
Impressionnée par son coût abordable — environ 500 000 dollars l’unité contre 2 millions pour les équivalents BrahMos —, l’IAF pousse le Defence Acquisition Council (DAC) à approuver un programme de transfert technologique d’un milliard de dollars, visant 70 % d’indigénisation en trois ans. BDL, qui a brillé avec le succès du missile Astra, est désignée comme l’agence centrale pour ce projet, s’appuyant sur des protocoles d’entente déjà en place avec IAI pour développer localement la propulsion et les systèmes de guidage. « Nous avons besoin du Rampage fabriqué localement dès maintenant ; c’est notre missile de croisière à faible coût pour la prochaine décennie », affirment nos sources, en insistant également sur son intégration au sein des escadrons de Tejas Mk1A en vue d’un potentiel export.
Cette volonté d’industrialisation rapide répond également à l’effort parallèle de l’ARDE : un modèle dérivé du Pinaka, avec ramjet pour atteindre 300 km, est en phase conceptuelle mais ne sera opérationnel qu’en 2030. Ce programme Pinaka Mk-III inclut des ogives modulaires et la capacité de tir en essaim, malgré des délais liés à la miniaturisation des capteurs. En attendant, le HSL-D Mark 2 comble cette lacune, avec des simulations de l’IAF prévoyant jusqu’à 40 % d’économies logistiques grâce à la production indigène. Les négociations entamées après Sindhoor incluent également des compensations technologiques pour le corridor hypersonique du DRDO, susceptibles d’alimenter les technologies du futur missile anti-aérodrome intelligent (Smart Anti-Airfield Weapon, SAAW).