L’Indian Air Force (IAF) prévoit de renforcer les capacités de guerre électronique (GE) de ses avions de transport en équipant ses appareils d’un avertisseur radar nouvelle génération (NG RWR). Ce système avancé, doté d’une architecture ouverte et d’un traitement numérique basé sur l’intelligence artificielle, doit remplacer l’antique Tarang RWR actuellement installé sur des plateformes telles que l’Ilyushin Il-76 et le Boeing C-17 Globemaster.
Cette modernisation inclut également l’acquisition d’équipements de soutien au sol et de manutention, le NG RWR devant obtenir les certifications nécessaires avant les essais en vol. Le système doit s’intégrer parfaitement à l’ordinateur de mission de l’avion pour le chargement, l’échantillonnage et le téléchargement des données électroniques et opérationnelles, tout en préservant l’enveloppe de vol sans compromettre ses performances.
Cette décision illustre la nécessité croissante de contrer des menaces radar sophistiquées le long des frontières sensibles de l’Inde, notamment face aux systèmes de défense aérienne avancés déployés par la Chine et le Pakistan. Le Tarang RWR, développé par le Defence Electronics Research Laboratory (DLRL) du DRDO, a assuré un service fiable, mais il manque de la flexibilité et de la puissance de traitement indispensables pour faire face aux radars à faible probabilité d’interception (LPI) modernes et aux contre-mesures électroniques. Le NG RWR, avec son architecture ouverte, garantit la possibilité de futures mises à jour, tandis que son traitement par intelligence artificielle permet une analyse en temps réel des menaces, leur identification et leur hiérarchisation, améliorant ainsi la conscience situationnelle lors de missions telles que le déploiement de troupes ou le soutien logistique en zones hostiles.
Équiper les avions de transport avec ce NG RWR étend la couverture GE pour protéger ces plateformes à haute valeur stratégique contre les menaces radar au sol et aériennes. L’intégration avec l’ordinateur de mission facilite un échange de données fluide, permettant aux pilotes et opérateurs de guerre électronique de réagir rapidement à l’évolution des menaces.
Caractéristiques techniques clés
Le NG RWR a été conçu pour allier polyvalence et performances :
- Architecture Ouverte : Cette structure modulaire supporte les mises à jour logicielles et matérielles, assurant une durabilité face aux technologies radar émergentes dans la bande de fréquence 0,5 à 18 GHz, essentielle pour la détection des radars de surveillance et de contrôle de tir.
- Traitement par Intelligence Artificielle : Le système utilise l’IA pour un tri rapide des signaux, réduisant les fausses alertes et améliorant la classification des menaces, un progrès majeur comparé à l’approche analogique du Tarang.
- Intégration à l’Ordinateur de Mission : L’avertisseur doit pouvoir interfacer avec l’ordinateur de mission pour charger les bibliothèques de menaces, échantillonner les signaux entrants et télécharger les données opérationnelles après la mission, ce qui améliore l’analyse post-vol et la planification.
- Respect de l’Enveloppe de Vol : L’installation ne doit pas altérer les performances de l’avion — vitesse, altitude ou capacité de charge — et ne doit pas compromettre l’intégrité structurelle ou aérodynamique.
- Équipements au Sol : Un ensemble complet d’outils de support au sol est nécessaire pour les tests, la maintenance et la calibration, garantissant la disponibilité opérationnelle sur toutes les bases de l’IAF.
Les exigences de certifications préalables aux essais traduisent une attention particulière à la conformité règlementaire, impliquant vraisemblablement le Centre pour la Qualité de l’Aéronautique Militaire et la Certification (CEMILAC), afin de valider la sécurité et la compatibilité électromagnétique.
La transition du Tarang vers le NG RWR présente plusieurs défis. L’architecture ouverte demande des mesures rigoureuses de cybersécurité pour éviter le piratage ou la manipulation des signaux, un enjeu crucial compte tenu de la dépendance à l’intégrité des données de l’IA. L’intégration avec les différents ordinateurs de mission des avions transport de l’IAF pourrait nécessiter le développement d’interfaces spécifiques, ce qui pourrait retarder le déploiement. Maintenir l’enveloppe de vol est rendu possible par des conceptions légères, mais l’ajout du traitement IA pourrait accroître la consommation électrique, entraînant potentiellement des mises à niveau des systèmes électriques embarqués.
Ce renouvellement technologique améliorera nettement la survivabilité des avions de transport dans des espaces aériens contestés, notamment lors de conflits comme un éventuel affrontement le long de la Ligne de Contrôle Actuelle (LAC). En remplaçant le Tarang, l’IAF ambitionne d’atteindre les performances d’avertisseurs radar avancés tels que l’AN/ALR-94 américain, connu pour sa détection multi-bande et sa priorisation intelligente des menaces. L’intégration avec les ordinateurs de mission permettra également un partage des données en temps réel avec les appareils d’escorte ou les stations au sol, renforçant ainsi la coordination interarmées.