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Un internaute a récemment interrogé l’Armée de l’air indienne (IAF) via une demande d’information sur le nombre de missiles Meteor en service, mais la réponse officielle a été un refus catégorique. Cette opacité alimente le débat sur la transparence des forces armées indiennes, notamment concernant leurs équipements stratégiques.

Sur le forum Reddit, un utilisateur sous le pseudonyme u/AIM-120-AMRAAM, référence à un missile aérien américain, a publié le 5 décembre 2025 une demande d’information (Right to Information, RTI) adressée à l’IAF. Il s’agissait de savoir si les Rafale indiens étaient bien équipés des missiles air-air Meteor de MBDA, et dans l’affirmative, combien d’exemplaires étaient en inventaire. Ces questions simples concernent un programme clé : les 36 Rafale Dassault acquis pour 7,87 milliards d’euros en 2016, censés bénéficier de l’intégration du Meteor, missile européen à moteur ramjet réputé pour sa portée de 150 à 200 km et une « zone d’impossibilité d’évasion » trois fois supérieure à celle de l’AIM-120 AMRAAM américain. Publicement, 250 Meteor étaient compris dans le contrat, avec des rumeurs évoquant des livraisons supplémentaires pour contrer les F-16 pakistanais armés d’AIM-120C/D ou les J-20 chinois équipés de PL-15 au-dessus de la région de Ladakh.

Toutefois, lorsque la demande RTI a été déposée le 4 novembre 2025 à l’état-major de l’Air Force à New Delhi, la réponse reçue le 25 novembre ne laissait aucun doute : « Les informations demandées sont de nature sensible et ne peuvent être divulguées conformément aux dispositions de l’article 8(1)(a)(f) de la loi RTI de 2005 ». Cette référence légale protège tout ce qui pourrait porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité de l’Inde, à la sécurité, aux intérêts stratégiques, scientifiques ou économiques de l’État, ainsi qu’aux relations avec des États étrangers, ou mener à des infractions. La clause (f) vise spécifiquement à protéger des informations fiduciaires telles que contrats et inventaires qui, révélées, pourraient avantager un adversaire. En somme, la demande a été classée « confidentielle » au nom des secrets opérationnels. La lettre officielle indiquait par ailleurs la possibilité de faire appel auprès de l’officier supérieur en charge de l’administration à Vayu Bhawan, avec un numéro de téléphone mais sans véritables garanties d’issue favorable.

Ce refus n’est pas un cas isolé. Quelques jours auparavant, une autre requête RTI concernant les numéros de série des Rafale indiens avait essuyé une réponse similaire, un exemple supplémentaire de la culture du secret profondément ancrée dans les institutions de défense indiennes.