Poussé par les avancées du programme Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), l’Armée de l’air indienne (IAF) se projette déjà vers l’avenir : la puissance aérienne de sixième génération. Le vice-chef d’état-major de l’Air Marshal Awadhesh Kumar Bharti a souligné avec force la nécessité pour l’Inde d’investir massivement dans les technologies de 6e génération, avertissant que les futurs conflits dépendront davantage de l’innovation locale que d’importations. Cette alerte a déclenché des réflexions en interne, avec un haut responsable de l’IAF confirmant que des sessions de travail sur les plateformes de prochaine génération sont déjà en cours, déterminées à ne pas répéter les retards observés lors du développement des appareils de 5e génération.
Les propos de l’Air Marshal Bharti, tenus lors d’un récent conclave de défense, traduisent l’urgence d’une R&D proactive dans un contexte où des rivaux tels que les États-Unis, la Chine et l’Europe expérimentent déjà des concepts de 6e génération intégrant armes à énergie dirigée, autonomie par intelligence artificielle et technologies hypersoniques. « Nous devons investir dans la puissance aérienne de 6e génération », a insisté Bharti, mettant en avant la vision de l’IAF autour de la propulsion propre et des moteurs indigènes comme leviers essentiels de cette avancée. Son plaidoyer s’inscrit dans une dynamique plus large d’indigénisation incluant la relance du moteur Kaveri et l’amélioration des AWACS, visant à positionner l’IAF en tête face à ses concurrents régionaux.
Un responsable de haut rang a confirmé que l’IAF ne souhaite pas être mise à l’écart alors que les avions de 6e génération devraient se matérialiser à l’échelle mondiale dans la prochaine décennie. « Alors que les plateformes de 5e génération ont commencé à arriver il y a 25 ans, nous ne voulons pas attendre encore 25 ans pour entamer le développement des avions de 6e génération », a déclaré cet officier, évoquant le premier vol du F-22 Raptor en 2005 et le calendrier actuel de l’AMCA en Inde. Pour éviter ce type de retard, l’IAF prévoit d’établir dans les dix prochaines années un cahier des charges exhaustif et une feuille de route stratégique, préparant ainsi l’Aeronautical Development Agency (ADA), l’organisme central de conception des chasseurs, à lancer les premières études.
Si les échéances restent encore à définir, ce responsable a décrit une approche progressive liée aux avancées de l’AMCA. Une fois que le chasseur furtif de 5e génération atteindra des jalons majeurs, comme les vols prototypes prévus en 2028 et la production en série à l’horizon 2035, l’ADA réorientera ses ressources vers la conceptualisation de la 6e génération. Ce phasage permettra des synergies technologiques, notamment sur l’avionique et les matériaux, tandis que l’IAF renforcera également ses effectifs jusqu’à atteindre 42 escadrons, face aux insuffisances actuelles.
Les réflexions en cours intègrent un ensemble de caractéristiques propres à la 6e génération : travail collaboratif homme-machine pour des frappes coordonnées, furtivité adaptative via des « smart skins », défense laser contre des essaims de drones. Selon des informations, ces futurs appareils pourraient s’appuyer sur la base technologique de l’AMCA, pouvant prendre la forme d’une version bombardier lourd destinée à remplacer les Su-30MKI obsolètes d’ici 2040, avec une portée et une charge utile doublées par rapport à l’AMCA standard. Cette vision modère cependant les attentes immédiates autour de la 6e génération, des responsables de l’ADA rappelant que les améliorations prévues pour l’AMCA dites 5.5 génération — pilotes assistés par IA et moteurs à cycle variable — comblent déjà une grande partie de l’écart technologique.