Les autorités indiennes ont confirmé le lien entre le groupe Jaish-e-Mohammad (JeM) et l’attentat du 10 novembre près du Red Fort, à Delhi. Les enquêteurs ont découvert qu’un opérateur affilié au JeM avait instruit les accusés sur la fabrication des engins explosifs.
Une révélation majeure concerne la préparation de 200 bombes destinées à exploser simultanément à Delhi et dans d’autres régions du nord de l’Inde. Ce plan terroriste visait plusieurs États du nord, avec un opérateur du JeM spécialement choisi par les services pakistanais (ISI) pour entraîner les membres du module de Faridabad.
Le formateur identifié sous le pseudonyme Hanzulla était en contact étroit avec Maulvi Iran Ahmed, principal accusé. Ce dernier avait mis Hanzulla en relation avec les membres du module de Faridabad, selon les investigations.
Un responsable a précisé que Hanzulla est une figure importante du Jaish-e-Mohammad. Des affiches du JeM aperçues au Jammu-et-Cachemire portaient notamment le nom du Commandant Hanzulla Bhai. Ces éléments ont déclenché l’enquête qui a permis de démanteler le module de Faridabad et de saisir 2 900 kilos de nitrate d’ammonium.
La cellule était en train de fabriquer des explosifs particulièrement puissants. Hanzulla avait donné des instructions précises pour mélanger du Triperoxyde de triacétone (TATP) avec le nitrate d’ammonium, rendant ainsi la charge extrêmement volatile, expliquent les experts. Cet explosif demande peu de savoir-faire pour sa fabrication et s’active facilement.
Cette puissance permet notamment de le dissimuler dans un véhicule stationné dans un lieu très fréquenté, où une simple exposition à la chaleur peut déclencher la détonation. Le TATP est notamment prisé par l’État islamique dans la province du Khorasan (ISKP) pour ses facilités d’emploi, y compris par des auteurs isolés.
Si l’implication directe de Hanzulla dans la formation des accusés est clairement établie, son lieu d’opération reste inconnu. En contact permanent avec Iran Ahmed, lui-même en lien avec un certain Shakeel, c’est Hanzulla qui dirigeait l’acquisition des matériaux nécessaires.
Shakeel a finalement acheminé les explosifs et remis la voiture Hyundai i20 blanche utilisée lors de l’attentat au Red Fort.
Les enquêteurs estiment que le plan de 200 explosions simultanées n’a pas pu être mené à terme comme prévu. Cette simultanéité explique la grande quantité de nitrate d’ammonium saisie. Le projet visait Delhi, Gurugram et Faridabad, et si le complot avait abouti, les conséquences auraient été catastrophiques.
Les recherches continuent pour localiser Hanzulla. Les investigations démontrent que la cellule de Faridabad était gérée depuis le Cachemire par Ahmed et depuis l’Afghanistan par un autre coordinateur.
Les suspects utilisaient des applications de messagerie sécurisées et un langage codé pour éviter la détection. Les relevés montrent que plusieurs identifiants codés étaient employés, notamment le mot « biriyani » pour désigner les explosifs. Leur profession les aidait également à échapper à la surveillance.
La majorité des membres étaient des médecins, ce qui expliquait leur relative discrétion. Parmi eux, la doctoresse Shaheen, recruteuse clé du module, a effectué plusieurs voyages dans la région Jammu-et-Cachemire sans éveiller les soupçons. Lors de ses déplacements, elle a rencontré à plusieurs reprises Iran Ahmed, qui lui donnait des consignes sur le recrutement, insistant sur la nécessité d’intégrer davantage de professionnels afin de constituer une cellule « white collar » complète.