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Lors d’une réunion du Conseil des chefs de gouvernement de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) tenue à Moscou, le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, a réaffirmé la nécessité d’une tolérance zéro envers le terrorisme, en soulignant que l’Inde a le droit de protéger sa population contre cette menace.

« Il faut toujours garder à l’esprit que l’OCS a été créée pour lutter contre trois fléaux : le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme. Ces menaces se sont amplifiées au fil des années. Il est impératif que la communauté internationale affiche une tolérance zéro envers le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations. Aucune justification, aucun détour ou occultation n’est acceptable. Comme l’Inde l’a montré, nous avons le droit de défendre notre peuple contre le terrorisme, et nous l’exercerons », a insisté S. Jaishankar lors de son intervention.

Le Conseil des chefs de gouvernement est le deuxième mécanisme le plus important de l’OCS, se réunissant chaque année pour décider des grandes questions liées à la coopération économique et commerciale ainsi qu’au budget annuel de l’organisation. La dernière session du Conseil s’était tenue au Pakistan en octobre 2024.

Favoriser les échanges culturels et humains

Le ministre indien a également souligné que les échanges entre les peuples sont au cœur de toute relation authentique. « En tant qu’État civilisationnel, l’Inde croit fermement que ces échanges renforcent la compréhension mutuelle au sein de l’OCS. Encourager les interactions entre intellectuels, artistes, sportifs et figures culturelles facilitera un rapprochement durable. Nous menons déjà plusieurs actions collaboratives dans le domaine des échanges culturels. L’exposition de reliques sacrées bouddhistes dans plusieurs de vos pays en est un exemple notable. L’Inde est également prête à partager son expertise en conservation du patrimoine avec l’Asie centrale, notamment dans le cadre de la coopération humanitaire », a-t-il ajouté.

Un agenda réformateur et la modernisation de l’OCS

S. Jaishankar a exprimé le soutien ferme de l’Inde à une dynamique réformatrice au sein de l’OCS, saluant la mise en place de centres dédiés à la lutte contre la criminalité organisée, le trafic de drogue et la cybersécurité. Il a insisté sur la nécessité d’adapter l’organisation à sa diversité croissante : « L’OCS doit être plus flexible et plus réactive. À ce titre, la décision longtemps attendue d’adopter l’anglais comme langue officielle de l’organisation doit être une priorité. »

Sur les questions commerciales et économiques

Le chef de la diplomatie indienne a qualifié la conjoncture mondiale d’« incertaine et volatile », aggravée par des risques côté offre et des complexités côté demande. « Il est urgent de réduire les risques et de diversifier les échanges économiques. Cela passe par la création des liens économiques les plus larges possible entre nous. Un tel processus doit être équitable, transparent et juste. Les efforts de l’Inde pour conclure des accords de libre-échange avec plusieurs membres de l’OCS vont dans ce sens », a-t-il souligné.