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Suite à son baptême du feu lors du conflit intense entre l’Inde et le Pakistan en mai 2025, nommé Opération Sindoor, le système de missile sol-air indien Akash connaît une montée en puissance significative en matière de production et de capacités. Bharat Dynamics Limited (BDL), principal intégrateur, a doublé sa production pour atteindre 100 missiles par mois, contre 50-60 précédemment, en réponse à une forte augmentation des commandes due aux performances « remarquables » du système pour intercepter des roquettes guidées pakistanaises Fatah et des essaims de drones.

Selon des sources proches du dossier, l’Akash a largement dépassé les attentes en combat réel, ce qui a conduit à un virage vers la variante améliorée Akash-1S, équipée d’un chercheur indigène pour augmenter la probabilité de destruction des cibles. Cette montée en cadence accélère les livraisons pour les Forces armées indiennes tout en plaçant ce système comme une offre très prisée à l’export, avec des sollicitations venues d’Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient.

Déployées le long de la Ligne de Contrôle (LoC) et sur les frontières occidentales, les batteries Akash ont pu suivre simultanément jusqu’à 64 cibles grâce au radar à réseau phasé Rajendra, engageant jusqu’à 12 missiles en parallèle. Dans la nuit du 8 au 9 mai, les unités opérant au Jammu-et-Cachemire ont déjoué plusieurs attaques de drones pakistanais, abattant notamment des UAV kamikazes Byker YIHA III et des variantes CH-4 Wing Loong. Le point d’orgue est survenu le 10 mai, lorsqu’une unité Akash près de Sirsa, dans l’Haryana, a intercepté en vol un missile d’artillerie guidé Fatah-1 — une arme de précision pakistanaise à 140 km de portée dotée d’une ogive de 150 kg — à une altitude de 5 km. Ces images, largement diffusées, montrent le missile incendié et détruit en plein vol, empêchant une frappe sur des infrastructures stratégiques aux alentours de New Delhi.

Développé par le Pakistan National Development Complex (NDC) sous influence chinoise, le Fatah-1 combine guidage inertiel et GPS pour des trajectoires rapides et basses, représentant un défi redoutable pour les défenses. Pourtant, la guidance en commande de l’Akash, renforcée par des contre-mesures électroniques anti-brouillage (ECCM), l’a neutralisé efficacement, les débris ayant été exposés par l’Armée de l’Air indienne. Les tirs successifs de Fatah-II (portée 400 km) ont subi le même sort, de même que les missiles balistiques à courte portée HATF-I. Dr Prahlada Ramarao, 78 ans, père du programme Akash, a salué sa polyvalence : « Il a été conçu pour engager toute menace à portée — drones, missiles, même des F-16 — et il a rempli cette mission. » Les médias taïwanais ont également mis en avant Akash et MR-SAM, soulignant leur capacité à révéler les faiblesses du matériel pakistanais d’origine chinoise.

La production locale s’est révélée un multiplicateur de force crucial. Contrairement aux systèmes importés sujets à des ruptures dans la chaîne logistique, l’écosystème indigène d’Akash — avec BDL pour les missiles, Bharat Electronics Limited (BEL) pour les radars, et Larsen & Toubro/Tata Power pour les lanceurs — a permis une disponibilité continue. Pendant les 96 heures de combats intenses, les batteries ont maintenu un rythme opérationnel soutenu sans retard de ravitaillement, un avantage que n’a pas pu offrir l’arsenal hybride pakistanais.

Les leçons du champ de bataille ont accéléré le déploiement de l’Akash-1S, une version Mk1 améliorée testée en 2019. Contrairement au modèle initial à guidage exclusivement commandé, la version 1S intègre un chercheur actif radiofréquence (RF), développé localement, pour l’accrochage terminal des cibles. Cette approche hybride combine la commande radar en phase de vol et une autonomie en phase finale, réduisant les erreurs dans des environnements saturés et augmentant la probabilité de destruction à 88 % en un tir unique (contre 70-80 % pour la Mk1), atteignant 99 % en salve de deux missiles. Les vitesses atteignent Mach 2,5 à 3,5, avec une portée de 30 à 45 km et un plafond opérationnel de 20 km, idéal pour neutraliser roquettes basses et drones agiles.

Le chercheur a été éprouvé contre des UAV Banshee en 2017 et multiprojets en 2019, captant précisément des cibles à faible surface radar (RCS) comme le Fatah, même sous brouillage intense. La technologie RF monopulse du DRDO, partagée avec les missiles Astra BVR, garantit une résistance élevée au brouillage. « Le chercheur fut le facteur décisif contre les menaces manœuvrantes », a précisé notre source, confirmant que les nouvelles commandes favoriseront la version 1S plutôt que les stocks plus anciens. Les livraisons vers l’Arménie — premier client export majeur pour Akash avec un contrat de 720 millions de dollars pour 15 systèmes — ont débuté en novembre 2024, tandis que la variante 1S suscite l’intérêt de l’Armée philippine, notamment pour la protection des infrastructures après le conflit.

Le site de production BDL à Hyderabad, désormais capable d’assembler 100 missiles par mois, bénéficie d’économies d’échelle permettant de faire descendre le prix unitaire sous la barre des 2 crores de roupies (environ 240 000 dollars), nettement inférieur aux systèmes concurrents comme l’israélien Spyder. Cette montée en cadence, validée après le conflit, vise à résorber un carnet de commandes militaires de 28 800 crores de roupies tout en ciblant des exportations vers le Brésil, le Vietnam et plusieurs pays du Moyen-Orient. « L’Akash, fabriqué localement, a surpassé les attentes face aux roquettes guidées et aux drones », souligne notre source, attribuant ce succès à plus de 60 % de composants indigènes pour une montée en volume rapide.