L’Inde a fermement dénoncé le soutien du Pakistan au terrorisme transfrontalier lors d’un débat ouvert au Conseil de sécurité des Nations unies, en soulignant le progrès démocratique indien et en rejetant toute médiation internationale sur la question du Cachemire.

Lors d’un débat ouvert de haut niveau, présidé par le Pakistan dans le cadre de sa présidence mensuelle du Conseil de sécurité, l’Inde a dénoncé le parrainage d’actes terroristes par le pays voisin. Parvathaneni Harish, représentant permanent de l’Inde aux Nations unies, a répondu aux propos du représentant pakistanais en affirmant : « Le sous-continent indien offre un contraste saisissant en termes de progrès, de prospérité et de modèles de développement. D’un côté, l’Inde qui est une démocratie mature, une économie dynamique et une société pluraliste et inclusive ; de l’autre, le Pakistan, profondément imprégné de fanatisme et de terrorisme, et un emprunteur régulier auprès du FMI. »

Ce débat faisait partie des deux événements majeurs organisés par le Pakistan durant son mandat à la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU en juillet. Cette présidence tourne mensuellement entre les quinze membres du Conseil, organe décisionnaire principal de l’ONU.

Dans la matinée, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Mohammad Ishaq Dar, avait condamné ce qu’il a qualifié « d’occupation » par l’Inde de Jammu-et-Cachemire, tout en remettant en cause la décision indienne de suspendre l’application du traité sur les eaux du fleuve Indus. Par cette démarche, le Pakistan appelle à une implication internationale accrue dans la médiation des différends, supposément incluant le Cachemire.

Face à cela, l’Inde a rappelé que le consentement des parties concernées est essentiel pour résoudre pacifiquement les conflits internationaux, et qu’elle privilégie la gestion bilatérale du différend cachemiri.

« On ne peut appliquer un modèle unique pour régler les conflits. Les circonstances et contextes changeants doivent aussi être pris en compte dans toute tentative de médiation », a souligné Parvathaneni Harish.

Par ailleurs, l’Inde a réclamé des sanctions contre les pays qui soutiennent le terrorisme transfrontalier, en défendant ses opérations récentes. Suite à l’attaque terroriste de Pahalgam, ayant causé la mort de 26 touristes le 22 avril 2025, l’Inde a lancé en mai l’« opération Sindoor » contre des camps terroristes situés au Pakistan et dans la partie de Jammu-et-Cachemire occupée par le Pakistan (PoJK). Cette opération a été qualifiée de ciblée, mesurée et non escalatoire.

« Au moment où nous débattons de la promotion de la paix et de la sécurité internationales, il faut reconnaître que certains principes fondamentaux, dont la tolérance zéro face au terrorisme, doivent être universellement respectés », a insisté le diplomate indien.

Parvathaneni Harish a également rappelé que le groupe terroriste « The Resistance Front », organisation liée à Lashkar-e-Taiba, basé au Pakistan, a revendiqué l’attentat de Pahalgam.

Contexte régional et réactions internationales

Dans son intervention, le ministre pakistanais Ishaq Dar a évoqué à nouveau la question de Jammu-et-Cachemire et du traité des eaux du fleuve Indus. En réponse à l’attaque de Pahalgam, l’Inde a décidé de suspendre provisoirement le traité de 1960 qui régit le partage des eaux entre l’Inde et le Pakistan, jusqu’à ce que ce dernier cesse définitivement son soutien avéré au terrorisme transfrontalier.

La Turquie a également fait référence au Cachemire lors du débat, témoignant de l’importance internationale accordée à ce dossier.

Le soutien économique accordé au Pakistan par le FMI a également été mentionné, rappelant le dernier déblocage d’environ un milliard de dollars en mai 2025 dans le cadre d’un programme d’aide plus large d’environ 2,1 milliards de dollars.

L’Inde appelle à la paix au Moyen-Orient

Lors du débat quadrimestriel du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, l’ambassadeur Parvathaneni Harish a répété la position constante de l’Inde : un appel urgent à un cessez-le-feu immédiat et à la libération des otages.

« Des pauses intermittentes dans les hostilités ne suffisent pas face aux défis humanitaires majeurs auxquels est confrontée la population. Le peuple de Gaza souffre de pénuries sévères en nourriture, carburant, services médicaux et accès à l’éducation », a-t-il souligné.

L’Inde plaide pour une assistance humanitaire sûre, soutenue et rapide. « Il n’y a pas de substitut à la paix. Un cessez-le-feu doit être établi. Tous les otages doivent être libérés. Le dialogue et la diplomatie sont les seuls moyens viables pour parvenir à ces objectifs », a rappelé le représentant indien, en espérant que la prochaine conférence de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien ouvre la voie à des mesures concrètes, notamment en faveur d’une solution à deux États.

Enfin, il a réaffirmé l’engagement historique de l’Inde envers la cause palestinienne. Notamment, l’Inde fut le premier pays non arabe à reconnaître officiellement l’État de Palestine.