Le gouvernement indien lance le développement de son nouvel avion AWACS national « Netra Mk II », une réponse stratégique aux menaces croissantes dans la région. Ce projet majeur s’inscrit dans la volonté de l’Inde de renforcer ses capacités de surveillance aérienne et d’intégrer une technologie de pointe à ses forces armées.
Le cabinet de Narendra Modi a approuvé un programme d’envergure pour la conception et la construction d’un système aéroporté d’alerte avancée et de contrôle (AWACS) baptisé Netra Mk II. Porté par l’Organisation indienne de recherche et de développement en défense (DRDO), ce projet représente un investissement estimé à environ 20 000 millions de roupies. Six appareils dotés de ce système doivent être livrés à l’Armée de l’air indienne afin de répondre notamment aux évolutions rapides des flottes AWACS chinoises et pakistanaises, cette dernière opérant actuellement le système stratégique Saab Erieye.
Le Netra Mk II incarne un saut technologique majeur par rapport au Netra Mk I initialement embarqué sur un Embraer. Basé sur un fuselage plus imposant – l’Airbus A321 – ce nouvel AWACS disposera d’un radar AESA (Active Electronically Scanned Array) couvrant 360 degrés, offrant une plus grande autonomie et une capacité de détection et de suivi renforcée. Cette avancée place l’Inde dans une catégorie comparable aux systèmes américains E-7 et chinois KJ-2000.
La variante Mk II sera équipée de radars AESA à antennes latérales et frontales utilisant des modules en nitrure de gallium (GaN TR), une technologie de pointe améliorant la sensibilité et la robustesse. La DRDO travaillera en collaboration avec Airbus et plusieurs partenaires industriels indiens pour intégrer ces antennes et composants sur six avions A321 de la flotte civile d’Air India. La phase d’intégration est planifiée pour s’étendre sur environ trois ans, avec une mise en service prévue en 2028.
Les grandes lignes du projet Netra Mk II :
- Une imposante coupole rotative accueillant un radar AESA de dernière génération
- Systèmes avancés de guerre électronique
- Réseaux de communication sécurisés garantissant une transmission d’information fluide et protégée
- Développement des radars et des systèmes mission par le Centre des Systèmes Aéroportés (CABS) de la DRDO
- Assistance d’Airbus pour les modifications structurelles du fuselage A321
- Intégration et personnalisation des systèmes par des entreprises privées indiennes de défense
- Une illustration du programme Atmanirbhar Bharat (Inde autonome), qui vise à renforcer la souveraineté technologique et industrielle de la défense nationale
Sur le plan opérationnel, la récente opération Sindoor menée contre des cibles au Pakistan a permis une précieuse collecte de renseignements. Les forces indiennes y ont saisi divers matériels chinois et turcs, incluant le missile air-air PL-15, des obusiers SH-15, des roquettes Fatah ainsi qu’un drone turc YIHA. L’analyse approfondie de ces équipements par les scientifiques indiens confère à l’Inde une connaissance tactique unique sur des plates-formes majeures employées par ses voisins, comme les avions J-10 et JF-17, ou les systèmes de défense antiaérienne HQ-9. Ces données sont par ailleurs mises en perspective avec les performances du Rafale indien en conditions réelles.
Lors d’une réunion stratégique tenue le 7 juin, les autorités de défense indiennes ont identifié que le Pakistan pourrait intensifier son arsenal militaire avec le soutien de la Chine et de la Turquie. Ces derniers fournissent notamment des sous-marins de classe Yuan, des drones armés, des frégates pour la marine pakistanaise, ainsi que des corvettes et des modernisations de F-16.
Les experts avertissent que, suite aux pertes subies lors de l’opération Sindoor, le Pakistan pourrait adopter des tactiques militaires et terroristes plus coordonnées à l’avenir. Face à ces évolutions, l’Inde s’attèle à anticiper ces menaces par des programmes de modernisation technologique et l’acquisition de capacités stratégiques afin de garantir sa supériorité opérationnelle.