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L’Inde s’inquiète des retards dans la livraison des systèmes de défense aérienne russes S-400 Triumph issus du contrat initial de 5,43 milliards de dollars signé en 2018. Face à ces délais, l’Armée de l’air indienne (IAF) et le ministère de la Défense (MoD) demandent à Moscou un calendrier précis et réalisable, avertissant que ces retards pourraient compromettre les négociations en cours pour l’acquisition de 2 à 3 régiments supplémentaires.

Le contrat prévoyait la livraison de cinq régiments S-400, capables d’engager simultanément jusqu’à 300 cibles à plus de 400 km. Trois régiments ont déjà été livrés et déployés sur des sites stratégiques. Cependant, les quatrième et cinquième régiments, initialement attendus pour 2024, sont désormais reportés à 2026 et 2027 en raison de problèmes de production et de perturbations liées aux sanctions. « Nous aurions dû disposer de tous les systèmes opérationnels depuis plusieurs années, mais ces retards créent des vulnérabilités dans notre couverture de défense aérienne, particulièrement sur les fronts nord et ouest », a confié un haut responsable de l’IAF, soulignant l’importance de la situation face aux menaces croissantes des avions furtifs chinois J-20 et des incursions des JF-17 pakistanais.

Lors des discussions de haut niveau à Moscou pendant la récente visite du ministre de la Défense Rajnath Singh, les négociateurs indiens ont demandé à Rosoboronexport des précisions sur la capacité de la Russie à respecter les échéances et à livrer des systèmes supplémentaires. L’intérêt de New Delhi pour 2 à 3 régiments additionnels, possiblement dans le cadre d’un contrat d’environ 1,1 milliard de dollars pour une version « Sudarshan » du S-400, dépend étroitement de la capacité russe à tenir ses délais. À défaut, l’Inde pourrait réduire ses ambitions ou se tourner vers des alternatives comme le système israélien Barak-8 ou le SAM indigène Akash-NG, ce qui diminuerait la portée stratégique d’une coopération accrue avec Moscou.

Malgré les assurances russes, lors du sommet bilatéral de septembre 2025, que les livraisons finales auraient lieu « malgré les défis », les inquiétudes indiennes persistent. Le conflit en Ukraine a perturbé les chaînes de production d’Almaz-Antey, mobilisant ressources et compétences ailleurs, tandis que les sanctions américaines CAATSA compliquent encore le processus de fourniture. Toutefois, l’Inde reste fermement engagée envers le S-400, acceptant même de froisser Washington dans le cadre de sa posture défensive à « deux fronts » visant à contrer simultanément les menaces chinoise et pakistanaise.

Le ministre Rajnath Singh, interrogé par News18, a réaffirmé que l’acquisition de nouveaux S-400 demeure une « priorité », sans toutefois préciser de calendrier, insistant sur la nécessité d’une autonomie stratégique. « Quelles que soient nos exigences, nous les satisferons grâce à nos propres moyens ou via des partenaires fiables », a-t-il déclaré, faisant référence au projet Kusha, un système de défense aérienne longue portée développé en Inde, attendu pour rivaliser avec le S-400 entre 2028 et 2030. Selon des sources internes, même si l’Inde a décliné la proposition russe du système avancé S-500 en faveur des S-400 éprouvés, tout retard prolongé pourrait accélérer la diversification des fournisseurs, avec un regard tourné notamment vers les technologies françaises de Thales ou les systèmes américains Patriot.