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Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a déclaré que l’Inde refuse toute médiation tierce dans les questions bilatérales, tout en soulignant qu’Islamabad souhaite entretenir des relations amicales avec tous ses voisins, y compris New Delhi. Ces propos ont été tenus lors d’une interview accordée à Al Jazeera à Doha, en marge du sommet d’urgence arabo-islamique, où il a également évoqué l’agression israélienne contre le Qatar.

Interrogé sur l’éventualité de négociations avec l’Inde ou sur l’ouverture du Pakistan à une intervention tierce, Dar a répondu : « Nous n’y voyons pas d’inconvénient, mais l’Inde affirme catégoriquement qu’il s’agit d’une affaire bilatérale ».

Il a rappelé que lors de sa rencontre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio en juillet, ce dernier lui a confirmé que l’Inde restait ferme sur la nature bilatérale du dossier. « Quand je l’ai rencontré le 25 juillet à Washington, je lui ai demandé ce qu’il en était du dialogue. Il m’a répondu que l’Inde dit que c’est une question bilatérale », a-t-il indiqué.

D’après Geo News TV, Dar a réaffirmé que le Pakistan cherche à maintenir des liens amicaux avec tous ses voisins, y compris l’Inde, mais il a averti que sa souveraineté ne serait jamais compromise. Il a également réitéré que le Pakistan avait toujours soutenu la résolution pacifique des conflits par le dialogue, estimant que les négociations restaient la meilleure voie à condition que toutes les parties fassent preuve de sincérité et de sérieux.

Les tensions entre l’Inde et le Pakistan se sont accentuées après une attaque terroriste meurtrière le 22 avril à Pahalgam, dans la région du Jammu-et-Cachemire, ayant causé la mort de 26 personnes, en grande majorité des civils. En réponse, l’Inde a lancé le 7 mai l’Opération Sindoor, ciblant les infrastructures terroristes au Pakistan et dans la partie du Cachemire sous contrôle pakistanais.

Après quatre jours de frappes intenses de drones et de missiles transfrontaliers, un accord tacite visant à mettre fin aux hostilités a été conclu le 10 mai entre New Delhi et Islamabad. Le président américain Donald Trump a plusieurs fois affirmé avoir joué un rôle de médiateur en faveur du cessez-le-feu entre ces deux puissances nucléaires.

L’Inde insiste pour exclure toute implication tierce dans ses discussions avec le Pakistan sur des sujets tels que le terrorisme, considérant que ces questions doivent rester bilatérales.

Dans son interview, Ishaq Dar a rappelé que le Pakistan restait engagé à éradiquer le terrorisme de son territoire et a souligné les sacrifices les plus importants faits dans cette lutte. « Il est surprenant que le pays le plus affecté par le terrorisme soit toujours blâmé par l’Inde », a-t-il déclaré.

Concernant les questions liées à l’eau, Dar a averti que les conflits futurs pourraient se jouer autour de cette ressource vitale. Il a rappelé que selon le Traité des eaux de l’Indus, l’Inde ne peut pas suspendre ou révoquer unilatéralement la distribution de l’eau. « Le Pakistan a clairement fait savoir que toute tentative de coupure des eaux sera considérée comme une déclaration de guerre », a-t-il mis en garde.

Interrogé sur la capacité nucléaire pakistanaise, Dar a déclaré que la force nucléaire du pays est strictement défensive, n’a jamais été utilisée et qu’il n’y a aucune intention de s’en servir. « Cependant, si la souveraineté du Pakistan est attaquée, il se défendra quoi qu’il en coûte, quel que soit le pays impliqué », a-t-il conclu.