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Face à une escalade des tensions transfrontalières liées au partage des ressources fluviales, le gouvernement indien renforce la sécurité des infrastructures critiques dans le bassin de l’Indus. Il s’engage à qualifier toute attaque terroriste contre ces barrages comme un acte d’agression militaire délibéré soutenu par le Pakistan. Cette position ferme répond aux menaces répétées émanant des autorités militaires pakistanaises, qui ont averti qu’elles pourraient viser ces ouvrages hydrauliques indiens avec des missiles si New Delhi poursuivait des constructions sans l’accord d’Islamabad, défi direct à l’égard du traité des eaux de l’Indus suspendu.

Les services de renseignement indiens ont identifié de possibles opérations par procuration faisant illusion de résistances locales, mais New Delhi a clairement indiqué qu’une telle stratégie déclencherait une riposte militaire proportionnée contre les forces armées pakistanaises.

Le différend, intensifié par la suspension du traité des eaux de l’Indus (IWT) par l’Inde à la suite de l’attaque terroriste de Pahalgam au Cachemire le 22 avril 2025, a transformé le partage de l’eau en un enjeu sensible et un foyer potentiel de guerre hybride. Le chef d’état-major pakistanais, le maréchal Asim Munir, a explicitement menacé de « cibler les barrages avec des missiles » en évoquant même une possible escalade nucléaire. Face à cette menace, New Delhi ajuste sa doctrine de sécurité pour protéger ses infrastructures hydroélectriques, qui constituent un levier stratégique majeur.

Le ministre de l’Intérieur indien, Amit Shah, a réaffirmé que le traité « ne sera jamais restauré », soulignant la volonté de l’Inde de tirer parti du contrôle en amont pour son développement national. Les autorités pakistanaises présentent le programme de construction des barrages comme une menace existentielle. En août 2025, le maréchal Munir déclarait que ses forces « attendraient qu’un barrage soit construit sur l’Indus pour le faire sauter avec dix missiles ».

Cette posture s’inscrit dans un cadre plus large, avec des avertissements d’une « réponse totale » à toute tentative de détourner les eaux des rivières Indus, Jhelum et Chenab, essentielles à la survie du Pakistan selon le traité de 1960. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a renforcé cette mise en garde, affirmant qu’« il ne sera pas permis à l’Inde de prendre une seule goutte » d’eau, face aux risques d’effondrement agricole dans les provinces du Pendjab et du Sindh.

Ces menaces ont des conséquences concrètes : les restrictions récentes sur l’écoulement du Chenab imposées par les barrages indiens de Salal et Baglihar ont déjà réduit le niveau d’eau à Akhnoor (Jammu) et asséché des réservoirs clés au Pakistan, mettant en danger les cultures kharif et augmentant les risques d’inondations en aval. Des analystes du Center for Strategic and International Studies (CSIS) notent que, bien que l’Inde ne dispose pas actuellement de la capacité d’asphyxier complètement le bassin de l’Indus sans de nouvelles infrastructures majeures, la pression psychologique et économique exercée pourrait déclencher une « guerre de l’eau ».

En réaction, le gouvernement Modi intègre des mesures de défense renforcées dans ses futurs projets de barrages, comprenant des systèmes anti-aériens multicouches, des unités de réaction rapide et une surveillance périmétrique assistée par intelligence artificielle sur les principaux sites des rivières occidentales. « Toute réalisation à venir sera sécurisée dès sa conception », a expliqué un haut responsable du ministère de la Défense, précisant l’intégration du système S-400 et des missiles indiens Akash pour neutraliser menaces drones et autres attaques de précision.

Les évaluations du renseignement soulignent notamment une menace accrue d’opérations clandestines menées par des groupes pro-Pakistan comme Lashkar-e-Taiba ou Jaish-e-Mohammed, susceptibles de tenter des sabotages sous couvert de « résistances locales » issues de communautés mécontentes.

New Delhi a tiré les conséquences de ces risques en établissant une ligne rouge doctrinale : toute attaque de ce type sera considérée comme étatique, appelant à une « réponse appropriée » contre des objectifs militaires pakistanais, à l’image des frappes aériennes menées à Balakot en 2019. « Le terrorisme contre les barrages est une forme de guerre par d’autres moyens ; nous riposterons de façon symétrique », a souligné le responsable, s’alignant sur la stratégie de guerre multi-domaines du chef d’état-major des armées, le général Anil Chauhan.

Cette politique prolongerait ainsi la logique coercitive née de la suspension du traité des eaux, où la maîtrise des flux hydriques se mue en arme économique et moyen de dissuasion. Selon plusieurs sources, le Pakistan se prépare à une pénurie durable, aggravée par des inondations récurrentes dans la province du Sindh.

Barrages / Projet Rivière Capacité (MW) Rôle stratégique Renforcement de la sécurité prévu
Baglihar Chenab 900 Hydroélectricité au fil de l’eau ; contrôle des débits Intégration S-400, contre-mesures anti-drones
Salal Chenab 690 Production de pointe ; point de contrôle en amont Déploiement rapide d’infanterie, surveillance IA
Kishanganga Jhelum 330 Tunnel de dérivation ; tampon anti-inondation Renforcement du périmètre, brouillage électronique
Ratle (projeté) Chenab 850 Hydroélectricité au fil de l’eau ; conforme à l’IWT Défenses multicouches dès la phase initiale