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Dans une avancée majeure vers la souveraineté aérospatiale, le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, a annoncé vendredi que l’Inde est sur le point de fabriquer localement son premier moteur pour un avion de chasse de cinquième génération, à l’issue de négociations intensives avec le géant français de l’aéronautique Safran. Lors d’une interview exclusive, Singh a révélé que le Comité interministériel de Sécurité (CCS) s’apprête à approuver prochainement cet accord, insistant sur un transfert complet de technologie (ToT) et une production indigène non négociables.

« Nous cherchons à réaliser cette fabrication en Inde dès que possible. Le CCS prendra bientôt une décision à ce sujet », a déclaré Rajnath Singh, soulignant l’urgence face aux menaces régionales croissantes. Il a réaffirmé la position ferme de l’Inde : bien que la coopération internationale sur les technologies de propulsion de pointe reste ouverte, les chaînes d’assemblage seront solidement implantées sur le sol indien. « Nous voulons obtenir un transfert de technologie dans le cadre de l’accord », a-t-il ajouté, marquant un tournant vers une maîtrise conjointe et une réduction de la dépendance aux importations.

Cette percée se concentre sur un moteur à haute poussée destiné à l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), le programme phare de chasseurs furtifs indiens. Safran, reconnu pour le moteur M88 équipant les Rafale, est devenu l’acteur principal après plusieurs mois de discussions techniques, proposant un turboréacteur de 110 à 125 kN doté d’un by-pass variable et de caractéristiques furtives.

Le cadre industriel prévu met en place un véhicule à objet spécifique (SPV) dirigé par Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et des consortiums privés comme Tata Advanced Systems et Mahindra Aerospace. Un budget de 15 000 crores de roupies a déjà été alloué pour les prototypes, avec un premier exemplaire de l’AMCA Mk1 attendu en 2028, et un objectif de production de 120 appareils d’ici 2035, répartis sur sept escadrons. « Après Sindhoor, nous avons accéléré les décisions pour ne laisser aucune lacune dans notre enveloppe technologique de cinquième génération », explique une source au sein du ministère de la Défense, liant cette approbation à une vigilance accrue sur la ligne de contrôle réelle (LAC).

L’accord avec Safran, dont la valeur pourrait atteindre entre 5 et 7 milliards d’euros, prévoit également des compensations industrielles avec la création d’une usine à Bangalore capable de produire plus de 200 moteurs par an d’ici 2040. Ce modèle s’inspire de l’écosystème du Rafale, où Safran assure déjà la maintenance des M88 à la division Koraput de HAL. Le volet transfert de technologie impose une indigenisation à 75 %, couvrant notamment les turbines de la chambre de combustion, les aubes monocristallines et les logiciels FADEC, offrant à l’établissement de recherche en turbines à gaz du DRDO (GTRE) la possibilité de développer un moteur successeur entièrement national capable de fournir une poussée de 130 kN.