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Un haut responsable de la Marine indienne a indiqué qu’un porte-avions à propulsion nucléaire pourrait voir le jour en Inde d’ici les 7 à 10 prochaines années. Cette avancée représenterait un saut technologique majeur, permettant à la Marine indienne d’étendre sa projection de puissance à travers l’Indo-Pacifique et au-delà, sans dépendre des ravitaillements classiques.

Le fonctionnaire a précisé que le Centre de recherche atomique Bhabha (BARC), qui a déjà développé un réacteur nucléaire de 190 MW pour les sous-marins lanceurs d’engins (SSBN) de classe S5 ainsi que pour les futurs sous-marins d’attaque nucléaires (SSN), pourrait adapter ce réacteur éprouvé pour un futur porte-avions.

Deux réacteurs de 190 MW installés simultanément seraient suffisants pour alimenter un porte-avions nucléaire prévu avec un déplacement de 75 000 tonnes, dont l’entrée en service est envisagée avant 2040. À mesure que cette technologie évolue et se dimensionne, adapter des réacteurs conçus pour les sous-marins aux navires de surface devient une perspective de plus en plus viable.

Outre la propulsion nucléaire, la Marine cherche à intégrer le système de lancement électromagnétique d’aéronefs (EMALS) pour ce futur porte-avions. Ce système offre des avantages significatifs par rapport aux catapultes à vapeur traditionnelles, notamment la capacité de lancer des appareils plus lourds, des drones aériens ainsi que des plateformes de sixième génération à venir.

La Marine évalue actuellement des options nationales et étrangères concernant la technologie EMALS. Coupler EMALS à la propulsion nucléaire offrirait au porte-avions indien la possibilité d’opérer des chasseurs modernes et des systèmes sans pilote, renforçant ainsi sa flexibilité opérationnelle.

Le responsable a reconnu que le coût d’un porte-avions à propulsion nucléaire serait légèrement supérieur à celui d’un navire conventionnel, mais il a souligné que les bénéfices stratégiques surpassent largement cette différence. Contrairement aux porte-avions à propulsion classique, un navire nucléaire peut rester en mer plus longtemps sans ravitaillement, conférant à la Marine une vraie capacité de puissance océanique pour maintenir des opérations sur des théâtres éloignés.

Alors que la Chine accroît rapidement sa flotte de porte-avions — dont des modèles à propulsion nucléaire — la Marine indienne considère cette étape comme essentielle pour maintenir une dissuasion crédible et étendre sa portée opérationnelle. Ce projet s’inscrit dans la feuille de route de modernisation navale à long terme de l’Inde, qui prévoit une combinaison de sous-marins et de porte-avions à propulsion nucléaire afin d’assurer la domination maritime dans la région de l’océan Indien et au-delà.