L’Indonésie manifeste un vif intérêt pour l’évaluation de plusieurs systèmes radar et de guerre électronique (GE) développés en Inde, à la suite des avancées récentes dans les discussions bilatérales concernant la vente du missile BrahMos et la coopération sur le programme de sous-marins de classe Scorpène. Les capacités radar et de guerre électronique sont désormais identifiées comme une priorité pour l’armée indonésienne qui souhaite moderniser son écosystème de capteurs et de contre-mesures.

Selon des sources proches du dossier, les planificateurs de la défense indonésienne sont particulièrement impressionnés par les progrès rapides réalisés par l’Inde vers une quasi-indigénisation complète dans les domaines du radar et de la guerre électronique. Au cours de la dernière décennie, l’Inde a en effet acquis une capacité quasi totale de développement et de production locale dans plusieurs bandes radar et pour divers rôles de guerre électronique, réduisant ainsi significativement sa dépendance aux fournisseurs étrangers. Cette avancée a été accompagnée de l’adoption de technologies à base de nitrure de gallium (GaN), qui ont considérablement amélioré l’efficacité énergétique, la portée de détection, la résistance au brouillage et la fiabilité globale des systèmes.

Des analystes indonésiens familiers avec ces évaluations indiquent que les systèmes indiens rivalisent désormais très favorablement avec les offres européennes établies et, dans plusieurs cas, sont jugés supérieurs en termes d’adaptabilité, d’architecture logicielle définie et de rapport qualité-prix. Ces mêmes experts sont catégoriques sur les solutions chinoises concurrentes, affirmant que les systèmes radar et GE indiens sont « largement en avance » en maturité, performances réelles et potentiel d’évolution.

Un atout majeur pour l’Indonésie réside dans la capacité démontrée de l’Inde à intégrer de manière fluide les systèmes radar et de guerre électronique sur différentes plateformes – terrestres, maritimes et aériennes – grâce à des conceptions modulaires et centrées sur le réseau. Cette approche correspond parfaitement à l’objectif de Jakarta qui vise à bâtir une force plus interopérable et résiliente, capable d’opérer à travers son vaste domaine maritime. La robustesse des systèmes indiens dans des environnements difficiles, notamment en haute altitude et en milieu maritime, renforce encore la confiance dans leur adéquation aux exigences indonésiennes.

Ce regain d’intérêt s’inscrit également dans un contexte de renforcement global des liens de défense entre l’Inde et l’Indonésie. Si le missile BrahMos a attiré l’attention comme projet d’exportation emblématique et que la coopération sur la classe Scorpène témoigne d’une confiance dans les plateformes sous-marines complexes, les radars et la guerre électronique représentent un domaine de collaboration plus discret mais stratégiquement crucial. La maîtrise dans ces secteurs influence directement la connaissance de la situation, la survie et la supériorité dans les conflits modernes.

Pour l’Inde, l’intérêt indonésien est perçu comme une validation d’années d’investissements soutenus dans le développement indigène de capteurs et de systèmes de guerre électronique, impulsés principalement par des besoins opérationnels domestiques. Pour l’Indonésie, l’attrait ne se limite pas à l’acquisition de matériel, mais concerne également un partenariat avec un pays capable d’absorber rapidement les technologies, de produire à grande échelle et d’adapter les systèmes sans restrictions d’usage rigides.

Si les évaluations se poursuivent favorablement, les radars et systèmes de guerre électronique pourraient constituer le prochain pilier majeur de la coopération de défense indo-indonésienne, élargissant la relation bien au-delà des missiles et sous-marins vers l’architecture fondamentale qui soutient la puissance militaire moderne.