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Ces dernières années, l’industrie des dispositifs de réduction des effets sonores et visuels des armes à feu a connu de nombreuses innovations, répondant aux exigences accrues des gouvernements et aux progrès des technologies de fabrication. Si la plupart des améliorations se concentrent sur quatre domaines principaux – la suppression du son, la réduction de la signature lumineuse, la dissipation thermique et la gestion des particules rejetées –, le défi grandissant de la surpression liée aux tirs commence également à être pris en compte.

Suppression sonore

À l’origine, les silencieux avaient pour seul objectif d’atténuer le bruit des tirs. Le concept est simple, mais de nombreuses techniques de fabrication et matériaux ont été développés pour optimiser ce résultat. Les fabricants sont désormais si performants dans ce domaine qu’ils acceptent parfois de sacrifier une part de la suppression sonore pour améliorer les autres aspects. La volonté de rendre silencieux un nombre croissant d’armes ne cesse de croître, au point que des projets envisagent la suppression du Precision Grenadier System, un lance-grenades semi-automatique à chargeur.

La fabrication additive, ou impression 3D, a permis l’émergence de conceptions complexes, capables non seulement de mieux contrôler la sortie des sons, mais aussi d’apporter d’autres avantages techniques.

Réduction de la signature lumineuse

Durant les opérations nocturnes liées à la guerre contre le terrorisme, les forces spéciales ont observé que la suppression du son ne suffisait pas toujours. En effet, les flammes visibles à la bouche des armes trahissaient souvent la position des tireurs. Les fabricants ont donc travaillé pour atténuer cette signature lumineuse, et aujourd’hui, seuls quelques indices visuels apparaissent lors du premier tir, certains fabricants parvenant même à éliminer entièrement cet effet.

Dissipation thermique

En usage intensif, les dispositifs de réduction peuvent chauffer à tel point qu’ils deviennent incandescents, ce qui les rend facilement détectables en spectre infrarouge et risque de causer des brûlures à l’utilisateur. Le programme américain Suppressed Upper Receiver Group (SURG) a investigué un système d’arme équipé d’un upper receiver M4 intégralement suppressé, avec le silencieux placé sous la garde-main, mais a finalement opté pour un modèle doté d’une cage protectrice pour éviter les brûlures.

Face à l’utilisation croissante de capteurs infrarouges sur les champs de bataille, la dissipation thermique reste un enjeu majeur dans les programmes d’armement des pays de l’OTAN.

Gestion des particules expulsées

Les opérateurs spéciaux utilisent des silencieux depuis longtemps et ont souvent toléré l’inconfort des gaz rejetés en direction du visage, notamment lors des tirs prolongés ou dans des espaces confinés. Cependant, avec l’adoption croissante de ces dispositifs par l’armée de terre et les forces marines, le problème des gaz inhalés a été sérieusement pris en compte. En effet, respirer les fumées issues de la combustion des propulseurs est dangereux pour la santé.

Lors de tirs avec une arme semi-automatique équipée d’un silencieux, les gaz ne s’échappent plus uniquement vers l’avant mais sont aussi refoulés vers l’arrière, directement vers le visage du tireur.

Un équilibre difficile à atteindre

Le programme Next Generation Squad Weapon (NGSW) de l’armée américaine a été l’un des premiers à exiger un dispositif combinant suppression sonore, réduction de la signature lumineuse et atténuation des fumées toxiques.

Les trois entreprises engagées dans la compétition ont dû rapidement adapter leurs systèmes pour limiter la quantité de particules expulsées vers le tireur. SIG Sauer, déjà expérimenté dans ce domaine grâce au programme SURG, a réussi à réduire jusqu’à 80 % les fumées atteignant l’opérateur. Toutefois, les normes différentes de l’armée américaine et des forces spéciales (SOCOM) ont nécessité des ajustements supplémentaires.

Grâce à ces efforts, les utilisateurs des nouveaux fusils NGSW sont exposés à des niveaux de fumées nocives inférieurs à ceux constatés avec le M4. Par ailleurs, les fabricants de propulseurs travaillent à diminuer davantage ces émissions.

Certaines entreprises, comme SureFire, utilisent les supercalculateurs des laboratoires nationaux pour simuler les flux de gaz et affiner la conception des silencieux avant la production physique.

Agir contre la surpression de l’explosion

La menace médicale posée par la surpression liée aux tirs d’armes (Blast Over Pressure, BOP) n’a été officiellement reconnue que récemment. L’industrie commence donc tout juste à développer des solutions pour réduire cet effet nocif. Plusieurs concepts ont dépassé le stade théorique pour devenir des solutions concrètes, ouvrant un nouveau champ de recherche qui influencera la conception des armes et leur emploi, notamment lors des entraînements.

Considérée autrefois comme une avancée difficilement atteignable, la mitigation de la surpression est désormais à portée de main. Dans un prochain article, nous analyserons comment une entreprise a réussi à concilier les performances déjà identifiées des silencieux avec une nouvelle capacité, réduisant les effets de la surpression sur les opérateurs et le matériel, même sur l’une des armes les plus difficiles à supprimer : la mitrailleuse lourde M2.