Le Light Combat Helicopter (LCH) indien, baptisé Prachand (« Féroce »), suscite un intérêt croissant sur la scène internationale en tant qu’hélicoptère d’attaque polyvalent et abordable. Selon des sources proches du dossier, au moins trois pays se sont montrés intéressés par cette machine développée par Hindustan Aeronautics Limited (HAL) afin de répondre à leurs besoins militaires spécifiques. Cette demande accrue souligne les capacités uniques du Prachand, notamment sa capacité à opérer en haute altitude et dans des terrains difficiles, en faisant une alternative séduisante face à des concurrents étrangers plus onéreux.
Conçu par HAL dans le cadre du projet Light Combat Helicopter, le Prachand est un hélicoptère d’attaque bimoteur, multi-rôles, destiné aux missions de combat au sol, à la lutte aérienne et à la reconnaissance. Pesant environ 5,8 tonnes, il intègre des éléments furtifs, une avionique avancée et peut évoluer à plus de 6 500 mètres d’altitude, ce qui le rend particulièrement adapté aux zones montagneuses comme l’Himalaya. Armé de missiles air-air, de missiles guidés antichar, de roquettes non guidées et d’un canon de 20 mm monté sous le nez, il a déjà été éprouvé dans les zones frontalières indiennes, notamment lors des affrontements avec la Chine entre 2020 et 2022.
Le ministère indien de la Défense a récemment signé des contrats d’une valeur supérieure à 62 700 crores de roupies (environ 7,3 milliards de dollars) pour la livraison de 156 Prachand — dont 90 pour l’armée de terre et 66 pour l’aviation — avec une mise en service prévue à partir de 2027-2028. Cet engagement national renforce non seulement la capacité de production de HAL, mais marque aussi un signal fort de fiabilité à destination des acheteurs internationaux potentiels. Alors que HAL intensifie la production sur son site de Tumkur, capable d’assembler jusqu’à 30 exemplaires par an, les perspectives d’exportation du Prachand se clarifient.
Un avantage tarifaire marqué face aux concurrents mondiaux
Le Prachand se distingue par son coût unitaire compétitif, estimé à environ 401,9 crores de roupies (soit 45,53 millions de dollars), chiffre issu des récents contrats d’acquisition. Ce prix avantageux s’explique par sa conception largement indigène, limitant ainsi la dépendance aux importations coûteuses. Comparé aux hélicoptères d’attaque légers de la catégorie 5-6 tonnes, le Prachand offre un rapport qualité-prix attractif sans sacrifier ses performances.
| Modèle d’hélicoptère | Pays d’origine | Coût unitaire approximatif (USD) | Caractéristiques clés |
|---|---|---|---|
| HAL LCH Prachand | Inde | 45,53 millions | Opérations en haute altitude, furtivité, avionique indigène ; idéal pour le terrain montagneux. |
| Eurocopter Tiger (variantes HAD/HAP) | France/Allemagne (Airbus Helicopters) | 73 millions | Multi-rôles avec capteurs avancés ; éprouvé au combat mais coûts d’entretien élevés. |
| T129 ATAK | Turquie (TAI/Leonardo) | 50 millions | Reconnaissance armée ; export récent au Nigéria et aux Philippines à environ 45-50 millions par unité. |
| Harbin Z-19 (WZ-19) | Chine | ~35 millions (estimation pour modèle similaire) | Attaque légère à faible signature infrarouge ; export limité, usage principalement par l’APL. |
| AH-1Z Viper | États-Unis (Bell Textron) | 38 millions (estimations anciennes ; contrats récents vers 50 millions) | Bimoteur, intégration missiles ; opérationnel depuis 2010, coûts de cycle de vie élevés. |
Le prix du Prachand est inférieur de près de 38 % à celui de l’Eurocopter Tiger, offrant ainsi une solution plus économique pour les pays disposant de budgets limités. Il est également légèrement moins cher que le turc T129 ATAK, tout en proposant une meilleure aptitude à la haute altitude, critère essentiel pour des pays en Afrique ou en Amérique latine aux reliefs variés. Quant au chinois Harbin Z-19, le plus attractif en termes de prix autour de 35 millions de dollars, il demeure peu transparent sur son coût à l’export et suscite des réserves sur sa fiabilité et son support après-vente, étant essentiellement destiné aux forces chinoises. L’AH-1Z Viper, qui jouit d’une large reconnaissance, affiche un prix aux alentours de 38 millions selon des anciennes estimations, mais les derniers contrats pour la Slovaquie ou le Nigéria évoquent plutôt un tarif proche de 50 millions, augmenté des coûts liés à l’intégration et à la formation.
Ces avantages tarifaires résultent de l’accent mis par HAL sur l’indigénisation, avec plus de 55 % de composants locaux en production série. Cela réduit la dépendance aux fournisseurs étrangers et offre une marge de manœuvre sur les prix proposés à l’export.
Au moins trois pays intéressés par le Prachand
D’après des informations, au moins trois pays seraient en phase avancée d’étude ou de négociation pour acquérir le Prachand, attirés par ses performances en haute altitude et son coût maîtrisé. Les candidats les plus sérieusement évoqués sont le Nigéria, l’Argentine et les Philippines, en adéquation avec l’intérêt croissant des pays africains, latino-américains et de l’Asie du Sud-Est.
- Nigéria : Des discussions avancées pourraient déboucher sur l’achat de quatre exemplaires dans le cadre d’une facilité de crédit, devant supplanter le T129 ATAK turc et l’Eurocopter Tiger européen. Des pilotes nigérians ont déjà été formés sur l’hélicoptère Dhruv de HAL, un avantage facilitant l’intégration. Ce contrat pourrait constituer la première grande exportation d’hélicoptères indiens, dans un contexte de lutte renforcée contre l’insurrection.
- Argentine : En 2022, des officiels argentins ont visité les installations de HAL et signé un protocole d’intention pour 20 Prachand. Face à des restrictions budgétaires, l’Argentine considère cette acquisition comme un moyen économique de moderniser sa flotte, en complément d’un intérêt pour le chasseur indien LCA Tejas.
- Philippines : Les négociations sont bien avancées sur le montage local du Prachand, parallèlement aux discussions pour le Tejas. Le besoin philippin d’hélicoptères d’attaque polyvalents, adaptés à la défense maritime et insulaire, rend ce modèle particulièrement pertinent, d’autant plus à ce tarif compétitif.
D’autres pays, comme l’Égypte, ont également manifesté un intérêt initial, notamment attirés par le potentiel du Prachand pour les opérations de contre-insurrection et la surveillance des frontières. Le président de HAL a évoqué cinq à six pays en demande d’informations, témoignant de l’attractivité croissante de cette plateforme à l’international.