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Les États-Unis et Israël poursuivent leurs opérations contre l’Iran, qui réplique en frappant ses alliés américains dans le Golfe, une situation qui a surpris l’ex-président Donald Trump.

Depuis le 28 février, une confrontation militaire intense oppose les forces américaines et israéliennes à l’Iran. Ce dernier a riposté en lançant des vagues de missiles et des drones sur Israël, tout en visant les alliés américains dans la région du Golfe. Ce cycle de violences entre donc dans sa troisième semaine, avec plus de 2 000 morts et une perspective d’issue encore incertaine.

Le 17 mars, l’Iran a intensifié ses attaques contre les Émirats arabes unis (EAU), ciblant notamment des installations pétrolières stratégiques à Fujairah, important port pour les exportations émiraties. Ces attaques ont conduit à la fermeture temporaire de l’espace aérien et provoqué des dégâts, dont un feu déclenché par un drone sur un champ gazier à Abu Dhabi. Un débris de missile balistique intercepté a aussi causé la mort d’un ressortissant pakistanais dans la région de Bani Yas à Abu Dhabi.

Des frappes continues aggravent les tensions

Malgré plus de deux semaines de frappes américaines et israéliennes sur le territoire iranien, Téhéran conserve sa capacité à mener des attaques à longue distance, notamment contre Israël. La nuit précédant le 17 mars, des missiles iraniens ont de nouveau visé le territoire israélien.

En parallèle, l’armée israélienne a déclaré avoir ciblé des infrastructures du régime iranien à Téhéran ainsi que des sites du Hezbollah à Beyrouth. Elle a également présenté des plans détaillés pour poursuivre le conflit sur au moins trois semaines supplémentaires.

À Bagdad, l’ambassade américaine a subi une attaque considérée comme la plus intense depuis le début du conflit, avec des roquettes et plusieurs drones. Aucune victime n’a été signalée à ce jour.

Trump surpris par l’ampleur des représailles iraniennes

Donald Trump a exprimé son étonnement face aux attaques iraniennes contre plusieurs pays arabes du Golfe, tels que le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït. “Ils n’étaient pas censés s’en prendre à tous ces pays du Moyen-Orient”, a-t-il déclaré le 16 mars. “Personne ne s’y attendait. Nous avons été choqués.”

Cependant, selon plusieurs sources proches du renseignement américain, l’ancien président avait été averti avant le déclenchement des hostilités que des frappes contre l’Iran pourraient déclencher des représailles régionales, notamment contre les alliés américains du Golfe si ceux-ci étaient perçus comme soutenant activement les États-Unis.

Ces mêmes sources indiquent qu’il lui avait également été signalé que Téhéran pourrait tenter de fermer le détroit d’Hormuz, passage essentiel pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Pas de coalition internationale pour sécuriser le détroit d’Hormuz

Donald Trump a critiqué le manque de soutien de certains alliés occidentaux pour envoyer des navires de guerre escorter les pétroliers dans le détroit d’Hormuz, dont la fermeture par l’Iran affecte fortement les marchés énergétiques mondiaux. Malgré plusieurs promesses d’aide, plusieurs pays comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Japon et l’Australie ont décliné toute participation immédiate à cette mission.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a précisé que son pays n’avait pas reçu de mandat des Nations unies, de l’Union européenne ou de l’OTAN pour intervenir et que Washington ne l’avait pas consulté avant le début du conflit.

Trump avait également suggéré que la Chine, grande consommatrice de pétrole iranien, pouvait contribuer à rouvrir le détroit, menaçant de retarder son déplacement à Beijing prévu fin mars.

Les capacités iraniennes en matière de drones restent un défi

Malgré des pertes militaires importantes, la flotte de drones iraniens continue de perturber la région. Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien, a démenti les rumeurs d’une baisse des lance-missiles disponibles. “On prétend que notre puissance de feu a diminué, mais notre pouvoir offensif, notre expérience et notre précision ont augmenté”, a-t-il affirmé sur la télévision d’État, insistant également sur la nécessité que la sécurité régionale soit assurée par les pays concernés eux-mêmes.

Conséquences économiques et inflation

Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 5 % le 17 mars, effaçant une partie des pertes précédentes, en raison des inquiétudes liées à l’approvisionnement. Les marchés asiatiques ont également rebondi après une journée de baisse significative. Cette hausse des prix menace d’alimenter l’inflation tout en freinant la croissance économique mondiale, un scénario redouté appelé “stagflation”.

Face à ces risques, la Banque centrale d’Australie a décidé d’augmenter son taux directeur pour le deuxième mois consécutif afin de maîtriser la montée des prix. Abhijit Surya, économiste principal chez Capital Economics, a déclaré : “Le conseil d’administration est clairement préoccupé par le fait que les récents développements géopolitiques pourraient aggraver une situation déjà mauvaise.”