Selon plusieurs médias arabes, l’Iran a entamé des pourparlers à haut niveau avec la Chine pour acquérir des avions de chasse multirôles Chengdu J-10C et des systèmes AWACS avancés. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer ses capacités aériennes face à la supériorité israélienne, notamment le F-35I Adir.
La visite récente du ministre iranien de la Défense en Chine marque un tournant stratégique dans la politique d’acquisition militaire de Téhéran. En effet, les retards importants dans la livraison des chasseurs russes Su-35, initialement prévus pour renforcer l’aviation iranienne dès le printemps 2023, ont conduit à repenser les options d’équipement.
Le Chengdu J-10C est un avion de combat de 4,5 génération reconnu pour ses performances. Il est doté d’un radar à balayage électronique actif (AESA), de moteurs à poussée vectorielle et peut utiliser les missiles air-air à longue portée PL-15. Cette polyvalence lui permet de remplir des missions de supériorité aérienne, d’attaque au sol ainsi que des rôles complexes de guerre électronique.
Expérimenté au sein de l’aviation pakistanaise, le J-10C a prouvé son efficacité notamment lors d’exercices simulant des combats contre des Rafale F3R indiens, démontrant ainsi une capacité à évoluer dans des environnements à haute menace.
Face à l’arsenal israélien, le J-10C demeure un rival crédible mais pas un adversaire direct. Israël opère une flotte technologiquement avancée, comprenant le chasseur furtif F-35I Adir, le bombardier F-15I Ra’am et des F-16I Sufa modernisés. Le F-35I confère à Israël un avantage significatif en termes de furtivité, de fusion des capteurs et d’électronique de guerre, assurant généralement une supériorité aérienne dans plusieurs scénarios.
Cependant, la combinaison du radar AESA et des missiles PL-15 à longue portée dont est équipé le J-10C pourrait représenter une menace sérieuse pour les plateformes non furtives comme le F-15I et le F-16I dans les espaces aériens contestés. L’éventuel appui de systèmes AWACS chinois renforcerait encore considérablement la conscience situationnelle et la coordination des forces iraniennes.
La coopération en matière de défense entre Pékin et Téhéran s’est intensifiée au cours des deux dernières décennies, portée par des intérêts géopolitiques convergents et un rejet commun des sanctions occidentales. La Chine a déjà livré à l’Iran divers équipements militaires, notamment des systèmes de défense anti-aérienne HQ-2 et HQ-7, des technologies radar, des drones ainsi que des moyens navals comme des vedettes rapides et des missiles anti-navires.
Dans le domaine des drones, la technologie chinoise a influencé plusieurs modèles iraniens, notamment les séries Shahed et Mohajer. Par ailleurs, des exercices conjoints et des échanges navals ont renforcé leurs liens militaires, soulignant l’importance stratégique pour la Chine de garantir son accès au Golfe Persique.
Le choix du J-10C est largement motivé par l’absence des Su-35 russes, dont l’Iran avait déjà réglé les paiements sans en recevoir la livraison. Ce retard a suscité des doutes sur la fiabilité de la Russie comme partenaire stratégique, poussant Téhéran à explorer des alternatives pour moderniser sa flotte vieillissante — composée notamment d’avions américains anciens tels que les F-14, F-5 et F-4 hérités de la guerre froide.
L’introduction du J-10C dans l’aviation iranienne représenterait un progrès majeur pour ses capacités de combat aérien, rapprochant l’Iran du seuil technologique de la cinquième génération de chasseurs.
Outre les avions, la demande iranienne de systèmes AWACS chinois pourrait significativement renforcer ses capacités de commandement et contrôle, en améliorant la surveillance, la gestion des missions aériennes et les fonctions d’alerte précoce. Cette combinaison pourrait accroître l’intégration des défenses aériennes et des opérations offensives, potentiellement en modifiant l’équilibre des forces dans les zones stratégiques du Golfe Persique et du Levant, où Israël et les États du Golfe, alliés des États-Unis, disposent actuellement d’une supériorité qualitative.
Si ce contrat d’armement se concrétise, il marquera une réorientation majeure de la stratégie de défense iranienne et pourrait approfondir la coopération militaire sino-iranienne, toutes deux opposées à l’influence occidentale dans la région. Ce partenariat pourrait redéfinir la doctrine de combat aérien iranienne et ajouter une nouvelle source de tension dans un contexte sécuritaire déjà fragile au Moyen-Orient.