L’Italie prévoit d’allouer 31,3 milliards d’euros à la défense dès 2025, un montant qui restera largement stable jusqu’en 2027. Ce budget, publié récemment par le ministère italien de la Défense, représente une augmentation de 7,2 % par rapport aux 29,2 milliards d’euros prévus en 2024. À cela s’ajoutent des financements hors budget de la défense, notamment pour certaines unités paramilitaires des Carabiniers et les pensions.
Au total, les dépenses liées à la défense, pertinentes pour l’OTAN, devraient atteindre 45,3 milliards d’euros, correspondant à 2 % du produit intérieur brut (PIB). L’an passé, ce taux s’élevait à seulement 1,54 %, plaçant l’Italie parmi les pays les moins engagés de l’Alliance atlantique. L’objectif officiel est d’atteindre les 2 % dès 2025. Toutefois, lors du sommet de l’OTAN à La Haye en juin, les alliés ont convenu d’un nouvel objectif à 3,5 % du PIB d’ici 2035, avec un supplément de 1,5 % dédié aux domaines connexes jugés essentiels.
L’Italie bénéficie des mesures européennes
Le pays prévoit par ailleurs des augmentations progressives de 0,15 point de pourcentage en 2026 et 2027, puis une hausse de 0,2 point pour atteindre 2,5 % en 2028. Cette perspective est rendue possible par l’exclusion des dépenses liées à la défense du plafond de dette européen. Cette mesure est cruciale puisque, confrontée à une limite de déficit correspondant à 3 % du PIB, l’Italie aurait autrement été contrainte de limiter ses emprunts. Le pays a déjà sollicité 14,9 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels dans le cadre du programme européen SAFE, destiné à soutenir les investissements en matière d’armement au sein de l’Union.
Sur les quinze prochaines années, le ministère de la Défense prévoit d’investir 35 milliards d’euros en acquisitions. Pour 2025, des sommes importantes sont prévues, notamment 735 millions d’euros pour augmenter la flotte italienne de chasseurs F-35, qui passera de 90 à 115 appareils. Par ailleurs, 625 millions d’euros sont alloués à la participation italienne au programme GCAP, en coopération avec le Royaume-Uni et le Japon, visant à développer un avion de combat de sixième génération. Un budget de 130 millions d’euros est également prévu pour le déploiement des nouveaux blindés de combat Lynx.
Le plan inclut aussi 100 millions pour moderniser le char de combat Ariete et 50 millions pour poursuivre le développement de son successeur, le KF51 Panther, en collaboration avec le groupe allemand Rheinmetall. Concernant la surveillance maritime, six nouveaux avions de patrouille maritime sont envisagés. L’Italie s’intéresse particulièrement au Kawasaki P-1 japonais, bien qu’aucune décision officielle ne soit encore prise, un crédit de 30 millions d’euros ayant d’ores et déjà été inscrit pour ce programme.
Stefan Axel Boes