Lors du débat final au Parlement écossais sur la commande norvégienne de 10 milliards de livres pour les bâtiments de type 26, les échanges se sont focalisés sur l’investissement dans la chaîne d’approvisionnement, le financement patient et la législation relative aux marchés publics.
Le député travailliste Paul Sweeney a pressé le gouvernement écossais d’adopter de nouvelles mesures, tandis que le ministre des Affaires, Richard Lochhead, s’est limité à souligner les soutiens déjà en place et les discussions en cours.
Sweeney a insisté sur l’importance de la chaîne d’approvisionnement dans la construction navale : « Environ 80 % de la valeur de ces navires est intégrée au chantier grâce à la chaîne d’approvisionnement, maximiser cette part est donc essentiel. » Il a demandé ce que Scottish Enterprise, la Banque Nationale d’Investissement et d’autres organismes pouvaient faire pour offrir « un financement patient destiné à soutenir l’investissement et accroître la part écossaise dans ces navires ».
Lochhead a répondu que les ministres étaient en discussion avec les acteurs économiques et le gouvernement britannique pour améliorer la visibilité des futurs contrats. « De nombreux échanges ont lieu actuellement afin de s’assurer que nous puissions capter autant que possible ces contrats pour la chaîne d’approvisionnement écossaise », a-t-il ajouté.
Il a rappelé les actions déjà engagées : la nationalisation du chantier Ferguson Marine, un engagement d’investissement pouvant atteindre 14,2 millions de livres sur ce chantier, 2 millions pour développer les compétences en ingénierie à Glasgow, ainsi que 9 millions alloués à BAE Systems pour la création d’une académie de formation. « Une intense activité est en cours pour renforcer le vivier de compétences et profiter pleinement de tout le potentiel évoqué lors du débat », a-t-il indiqué devant les députés.
Sweeney a insisté : « Pour remporter des contrats commerciaux, il faut intégrer le critère de valeur sociale et disposer d’un financement patient. La Banque Nationale d’Investissement écossaise n’offre pas vraiment de produits adaptés à la construction navale face aux compétiteurs étrangers. Pouvons-nous régler ce problème fondamental ? »
Lochhead n’a pas pris d’engagement précis, soulignant que ces questions faisaient partie « des discussions en cours ».
Le débat a aussi abordé la législation sur les marchés publics. Sweeney a invité le gouvernement à envisager « un recours accru à l’article 45 de la loi sur le contrôle des subventions de 2022 », en raison des activités russes contre les câbles sous-marins proches des îles du Nord, ce qui pourrait justifier une attribution directe ou une compétition limitée au Royaume-Uni pour les services de ferry.
Lochhead a répondu : « Nous sommes favorables à faire ce que nous pouvons et examinons de près ces questions de passation des marchés. Cependant, nous devons agir dans le cadre légal strict du contrôle des aides publiques. »
Le ministre a conclu en soulignant un consensus plus large : « Nous partageons tous le même objectif : soutenir l’avenir de la construction navale en Écosse. Nous sommes à l’aube d’un nouveau chapitre passionnant pour ce secteur. »
Le débat a mis en lumière une reconnaissance unanime, à travers les partis, de l’opportunité que représente la commande norvégienne, mais aussi le manque d’engagements concrets de la part du gouvernement écossais sur le critère de valeur sociale, le financement patient ou l’usage des pouvoirs de l’article 45. Ces points restent, selon Sweeney, centraux pour assurer la pérennité à long terme de l’industrie navale en Écosse.