À l’approche du lancement d’un appel d’offres majeur portant sur l’acquisition de 80 avions de transport moyen pour l’Armée de l’air indienne (IAF), Lockheed Martin mise sur son C-130J Super Hercules, mettant en avant la fiabilité éprouvée de cet appareil et l’expérience déjà établie en Inde. Lors d’une conférence de presse organisée en marge d’Aero India 2025 à Bengaluru, Roderick M McLean, vice-président Mobilité aérienne et missions maritimes chez Lockheed Martin, a souligné le potentiel d’une transition fluide grâce à cette base déjà existante.
« L’IAF exploite déjà les C-130J et est satisfaite de leurs performances, de leur polyvalence et de leur fiabilité. Les infrastructures de maintenance et de formation sont en place. Nous sommes prêts à démarrer rapidement », a déclaré McLean. Ces propos illustrent également le virage stratégique de Lockheed vers une indigenisation renforcée, notamment via un nouveau partenariat avec Tata Advanced Systems Limited (TASL) pour localiser la production et le maintien en condition opérationnelle.
Relancé après une décennie d’interruption, le programme MTA (Medium Transport Aircraft) vise à combler des lacunes critiques dans les capacités de transport tactique de l’IAF, en contexte de tensions frontalières accrues et de besoins humanitaires croissants. D’une valeur estimée à plus de 10 milliards de dollars, ce marché, initialement prévu pour 56 appareils, a été étendu à 80 exemplaires, confrontant plusieurs grands constructeurs internationaux dans une compétition intense mêlant engagements en matière de compensation industrielle, transfert de technologie et soutien sur le cycle de vie.
Le lien entre l’Inde et le C-130J remonte à 2011, avec l’induction de la première tranche de 12 Super Hercules dans le cadre d’un contrat de 1,2 milliard de dollars. Ces appareils robustes ont accumulé plus de 50 000 heures de vol, intervenant dans des missions variées, de largages à haute altitude au Ladakh à des opérations de secours dans des zones sinistrées comme l’Odisha touchée par des cyclones. Des variantes spéciales, incluant des configurations de guerre électronique et de ravitaillement en vol, ont renforcé leur rôle essentiel.
Les officiers supérieurs de l’IAF saluent régulièrement la capacité du C-130J à opérer sur des pistes courtes et sommaires, un atout majeur pour accéder aux aérodromes austères de l’Himalaya, ainsi que son soute aménagée pour un chargement rapide des troupes. En septembre 2025, un contrat de maintien en condition opérationnelle de 100 millions de dollars avec Lockheed prévoit la création d’un site de maintenance, réparation et révision (MRO) à Bengaluru, en partenariat avec TASL. Cette installation vise à réduire considérablement les délais d’immobilisation tout en s’inscrivant dans la politique Atmanirbhar Bharat, qui cible 30 % de contenu local dans tout accord MTA futur.
Lockheed mise sur son avantage d’intégration avec les systèmes indiens, dont l’avionique développée par le DRDO, et sur une empreinte mondiale forte avec plus de 500 opérateurs. Cependant, la concurrence est farouche : Embraer met en avant le coût de cycle de vie du C-390, inférieur de 30 %, tandis qu’Airbus exploite ses liens avec le Rafale pour proposer des offres groupées attractives.
| MTA – Comparaison des candidats | Lockheed C-130J | Embraer C-390 | Airbus A400M |
|---|---|---|---|
| Charge utile maximale | 20 tonnes | 26 tonnes | 37 tonnes |
| Autonomie (avec charge utile) | 2 400 km | 2 800 km | 3 300 km |
| Équipage | 3 (pilotes) + maîtres de charge | 2 + maîtres de charge | 2-4 + maîtres de charge |
| Coût unitaire estimé | 80-90 millions de dollars | 85-95 millions de dollars | 150-180 millions de dollars |
| Familiarité pour l’IAF | Élevée (12 en service) | Aucune | Faible (essais uniquement) |
| Potentiel de contenu local | 30-40 % via TASL | 25-35 % via HAL | 20-30 % via offsets |