Article de 706 mots ⏱️ 4 min de lecture

L’opération Sindoor a révélé avec clarté le soutien diplomatique apporté à l’Inde, a affirmé le lieutenant-général Vinod Khandare (retraité), ancien conseiller principal du ministère de la Défense. Cet officier supérieur à la retraite a souligné que la guerre, en plus d’être coûteuse, exerce une forte pression sur l’économie nationale, insistant sur la nécessité d’améliorer la défense civile, qui demeure une vulnérabilité majeure.

Lors d’une rencontre avec le public à Chhatrapati Sambhajinagar, dans l’État du Maharashtra, organisée par une association locale, le lieutenant-général Khandare est revenu sur les enseignements tirés de l’opération Sindoor. Cette opération, menée en mai, a consisté en des frappes de précision contre neuf camps terroristes situés au Pakistan et dans la partie du Cachemire occupée par ce pays. Ces actions visaient à répondre au massacre du 22 avril à Pahalgam, où 26 civils avaient été tués par des terroristes.

« Il est maintenant clair, à l’échelle diplomatique, qui nous soutient et qui ne le fait pas, » a expliqué le lieutenant-général. « En interne, les problèmes et lignes de faille apparaissent nettement. En y réfléchissant globalement, cette opération a permis d’identifier clairement ces fractures. » Il a également évoqué les « intérêts égoïstes » qui se sont révélés au grand jour.

Le général a insisté sur la nécessité de renforcer la défense civile, qui reste un point faible, notamment face aux menaces actuelles. « Avec la portée des missiles et les technologies dont nous disposons aujourd’hui, tout est potentiellement atteignable. Nous sommes en avance dans des domaines clés des technologies critiques et de la recherche, » a-t-il souligné.

Il a ajouté que l’un des facteurs majeurs de transformation est la maîtrise par les forces des technologies développées. « Du laboratoire au champ de bataille, c’est une chaîne complète. Je pense que nous avons désormais une vision claire de notre position, » a-t-il affirmé.

Un autre point important soulevé par le lieutenant-général concerne les zones frontalières, qui présentent des problématiques spécifiques devant être prises en charge par les gouvernements locaux. « Les attaques par drones touchent directement les civils. Qu’en est-il de leurs abris ? Les États frontaliers doivent être les premiers à instaurer des réglementations imposant des protections, à l’image d’Israël ou de l’Ukraine. Nous devons apprendre des expériences étrangères pour ne pas répéter les erreurs commises ailleurs, » a-t-il recommandé.

Interrogé sur la raison de la suspension soudaine de l’opération Sindoor alors que la situation semblait favorable, le général Khandare a précisé : « J’étais alors aux côtés du ministre de la Défense et de nombreuses discussions ont lieu à différents niveaux. La guerre est coûteuse et pèse sur l’économie nationale. »

Il a rappelé l’objectif de l’Inde d’atteindre le statut de pays développé d’ici 2047. « Parfois, il faut faire des choix difficiles : engager un conflit coûteux avec un voisin aussi imprévisible que le Pakistan, ou lui donner une leçon et reprendre ensuite notre travail. Nous devons éviter les erreurs observées dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, » a-t-il insisté.

« Une nouvelle punition pourra être infligée en cas de récidive, » a-t-il ajouté.

De nombreux citoyens, selon lui, souhaitent la poursuite de l’opération Sindoor par patriotisme, mais le pragmatisme impose de réfléchir à l’ampleur et à la justification d’une telle action. « Notre objectif était de porter un coup dur au terrorisme et d’enseigner une leçon aux organisations terroristes, » a-t-il rappelé.

« Nous avons réussi, mais le Pakistan a répliqué en ciblant des zones civiles, ce qui est inacceptable. Nous avons donc frappé leurs installations militaires. Certains pensent que nous aurions dû intervenir au Cachemire occupé par le Pakistan, mais c’est une opération coûteuse et délibérée qui nécessite des préparations, » a conclu le lieutenant-général Vinod Khandare.