L’OTAN a approuvé un vaste programme d’un montant de 27 milliards d’euros visant à moderniser son réseau de stockage et de distribution de carburant, incluant la construction de nouveaux pipelines dans les régions orientales et sud-orientales de l’alliance, ainsi qu’un plan commun de financement sur cinq ans.
Le Conseil de l’Atlantique Nord a adopté ces décisions le mercredi 22 juillet. Le Plan du Programme de Capacité de la Chaîne d’Approvisionnement en Carburant prévoit la modernisation des infrastructures existantes et l’édification de nouvelles installations. Selon l’OTAN, ces mesures garantiront aux forces armées les approvisionnements énergétiques nécessaires à leur préparation opérationnelle.
Par ailleurs, le Conseil a validé le Plan de Ressources de Financement Commun pour la période 2027-2031, qui définit la manière dont l’alliance investira dans ses priorités partagées au cours des cinq prochaines années. Les membres ont convenu des plafonds de financement pour 2027, comprenant le budget militaire, le budget civil et le programme d’investissements dans la sécurité, ce qui porte le financement commun à un total pouvant atteindre 6,5 milliards d’euros. Ce plan a pour objectif de fournir aux alliés une vision prospective des besoins en ressources, tout en assurant une cohérence du financement commun avec l’ambition renforcée de l’alliance.
Le plan prévoit également des ressources prioritaires pour le soutien à l’Ukraine, notamment par le biais de l’initiative OTAN d’assistance et de formation à l’Ukraine ainsi que du Centre conjoint d’analyse, de formation et d’éducation OTAN-Ukraine.
Le financement commun représente une part minoritaire des dépenses de défense des alliés, ne constituant qu’une fraction infime du total des budgets nationaux combinés. Il couvre des capacités et des infrastructures détenues collectivement, plutôt qu’au niveau national, comme les structures de commandement de l’alliance, la flotte d’alerte avancée aéroportée, les systèmes de communications et les aérodromes. Ces fonds sont répartis entre les trois lignes budgétaires approuvées cette semaine. Les contributions sont définies selon une formule de répartition basée principalement sur le revenu national brut, les États-Unis et l’Allemagne étant historiquement les plus gros contributeurs.
Dans ce contexte, le transport de carburant vers l’est est devenu l’un des défis logistiques majeurs pour les planificateurs de l’OTAN. Le carburant en vrac débarqué dans les ports de l’Atlantique et de la mer du Nord doit actuellement être acheminé par rail et route sur le dernier tronçon jusqu’en Pologne, dans les pays baltes, en Roumanie et en Bulgarie. Cette dépendance a été régulièrement identifiée lors des exercices comme une contrainte limitant la rapidité et l’intensité avec lesquelles l’alliance peut renforcer son flanc oriental. La mobilité militaire, de manière plus générale, incluant les questions de ponts, de gabarit de voies ferrées, de dégagements de tunnels et de procédures douanières, constitue un enjeu récurrent dans les travaux de l’OTAN comme de l’Union européenne depuis 2022.
Ce programme de carburant figure parmi les plus importants engagements uniques en matière d’infrastructures que l’OTAN ait jamais réalisés via son financement commun.