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Face aux enjeux croissants liés à la sécurité dans l’Arctique, l’OTAN a lancé l’opération Arctic Sentry afin de renforcer sa posture dans cette région stratégique. Cette initiative regroupe diverses activités alliées pour mieux coordonner la surveillance et la défense dans le Grand Nord, dans un contexte de montée des tensions géopolitiques.

L’opération Arctic Sentry vise à consolider l’ensemble des efforts des alliés dans l’Arctique, en intégrant notamment les exercices danois de Résistance Arctique. Cette décision intervient après plusieurs semaines de discussions entre États membres, notamment en réponse aux déclarations de l’ancien président américain Donald Trump évoquant la nécessité pour les États-Unis de prendre le contrôle de la souveraineté sur le Groenland.

Le Danemark a renforcé sa présence militaire à Groenland, territoire danois, et a invité des alliés tels que la France et le Royaume-Uni à s’impliquer davantage. Cette mobilisation répond aux menaces croissantes perçues dans la région, notamment face à la Russie et la Chine, bien que le Danemark confirme qu’aucun navire chinois n’a été observé à proximité immédiate.

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, ainsi que le commandant militaire de l’Alliance pour l’Europe, ont alerté sur l’intensification des activités russes et chinoises dans l’Arctique. La fonte des glaces liée au changement climatique ouvre de nouvelles voies maritimes et ressources, rendant la région de plus en plus accessible et stratégique. Cette dynamique accroît les risques d’affrontements et les défis sécuritaires pour l’Alliance.

Le centre de commandement conjoint des forces de Norfolk dirigera Arctic Sentry, sous la supervision du Commandement allié des opérations. Cette opération fait suite à une rencontre en janvier à Davos entre Donald Trump et Mark Rutte, au cours de laquelle ils se sont accordés sur la nécessité d’une responsabilité collective accrue de l’OTAN dans la défense arctique.

Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a indiqué que le Danemark apportera une contribution substantielle à Arctic Sentry, même si les modalités précises de l’opération restent à définir. « Le Royaume-Uni exerce une pression depuis longtemps pour un rôle plus marqué de l’OTAN dans l’Arctique. Nous avons intensifié nos efforts ces derniers mois et je me réjouis que cela se traduise désormais par des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Selon Mark Rutte, Arctic Sentry unifiera pour la première fois toutes les activités alliées dans la région sous un même commandement, ce qui permettra une réponse rapide à toute faille ou menace. L’opération bénéficiera également des technologies les plus avancées développées par le Commandement allié de transformation, renforçant ainsi l’efficacité des opérations de surveillance et de défense.

Le secrétaire général a souligné : « Nous percevons clairement une activité accrue de la part des Russes et des Chinois dans la région. C’est une réalité que nous devons prendre très au sérieux ». Il a par ailleurs confirmé que cette initiative était une réponse aux préoccupations du président Trump concernant l’augmentation des présences russo-chinoises à mesure que s’ouvrent de nouvelles routes maritimes dans l’Arctique. « Nous devons rester vigilants et ne pas être naïfs, c’est le message essentiel », a-t-il ajouté.

Arctic Sentry sera principalement une opération de surveillance renforcée, similaire aux opérations Baltic Sentry et Eastern Sentry déjà conduites par l’Alliance sous l’autorité directe du Commandant suprême allié en Europe.

Le Royaume-Uni prévoit également de doubler ses effectifs déployés en Norvège, passant à 2 000 soldats dans les trois prochaines années, selon le ministère britannique de la Défense. Les forces britanniques joueront un rôle clé dans Arctic Sentry, avec une planification militaire déjà en cours.

En mars, 1 500 commandos de la Royal Navy seront déployés en Norvège pour participer à l’exercice Cold Response de l’OTAN, qui se déroulera sur le territoire norvégien ainsi qu’en Finlande et en Suède. Par ailleurs, la Force expéditionnaire conjointe conduite par le Royaume-Uni prendra part en septembre à l’exercice Lion Protector. Cet exercice impliquera le déploiement de centaines de soldats en Islande, dans le détroit de Danemark et en Norvège, avec pour objectifs la protection des infrastructures critiques et le renforcement des capacités conjointes de commandement et de contrôle.