Lors du sommet de l’OTAN 2025 à La Haye, le Secrétaire général Mark Rutte a annoncé une expansion rapide de la capacité industrielle de défense des alliés des deux côtés de l’Atlantique. Cette décision reflète l’urgence face aux menaces croisées posées par la Russie, l’Iran et la Corée du Nord.

Intervenant pour la première fois en tant que Secrétaire général lors de ce sommet, Mark Rutte a affirmé que les mesures adoptées auront un impact majeur sur la capacité de l’Alliance à assurer sa mission originelle : « dissuader et défendre ».

Si l’engagement largement attendu d’allouer 2 % du PIB à la défense a retenu l’attention, la dimension la plus déterminante réside dans l’appel à une mobilisation industrielle à grande échelle. « Nous avons besoin de qualité et de quantité. Nous devons innover et agir rapidement », a insisté Rutte.

Les alliés ont convenu que soutenir le rythme face aux adversaires exigeait non seulement des financements conséquents, mais aussi une coordination industrielle transatlantique approfondie. L’OTAN s’engage à « abattre les barrières » et à « valoriser nos partenariats avec l’Union européenne, l’Ukraine et la région indo-pacifique » pour accélérer la production et les acquisitions de matériels de défense.

Le Secrétaire général a souligné l’enjeu à l’échelle globale : « De la Méditerranée à l’Arctique, de la côte ouest de l’Amérique du Nord jusqu’à notre flanc est, tous les alliés sont unis dans la conviction qu’il faut renforcer nos capacités pour garantir notre sécurité ».

Ce sommet a mis en lumière la connexion croissante entre la sécurité euro-atlantique et la région indo-pacifique. Rutte a relevé la présence de représentants japonais, sud-coréens, australiens et néo-zélandais à La Haye et a évoqué un fait inédit : « La présence de soldats nord-coréens combattant en sol européen aux côtés des forces russes en Ukraine ».

Cette prise de conscience transrégionale stimule une nouvelle dynamique de coopération industrielle avec les démocraties du Pacifique. « Cette collaboration est essentielle. Elle porte sur l’innovation, les achats, la production industrielle de défense et les évaluations conjointes », a précisé le chef de l’OTAN.

Un autre moment fort du sommet a été la solide démonstration de soutien à l’Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky et sa délégation ont participé activement, tandis que Rutte déclarait : « L’Ukraine bénéficie de notre appui continu, avec plus de 35 milliards d’euros engagés cette année, et encore davantage à venir ».

Il a ajouté : « On peut raisonnablement estimer que d’ici la fin de l’année, ce soutien dépassera les 50 milliards d’euros promis pour 2024 », soulignant l’intensification probable des engagements.

Mark Rutte a également exprimé des inquiétudes croissantes concernant la reconstruction militaire russe : « La Russie reconstitue ses forces à un rythme qui pourrait lui permettre d’attaquer l’OTAN d’ici trois, cinq ou sept ans ».

Interrogé sur l’influence éventuelle de la présence de l’ancien président américain Donald Trump sur les conclusions du sommet, il a rejeté cette idée, rappelant que « cela remonte déjà à Eisenhower dans les années 1950 » avant d’ajouter : « Enfin, nous allons concrétiser ces engagements ».

Il a aussi démenti toute suggestion de désengagement américain : « Les États-Unis sont pleinement engagés envers l’OTAN. Ils sont fermement attachés à l’article 5 ».

Concluant, Mark Rutte a insisté sur la nécessité désormais de mettre en œuvre les décisions prises : « Il est temps de passer des accords à l’action concrète et de faire de ce nouveau plan une réalité ».