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La semaine dernière, Kiev a confirmé le déploiement de 228 spécialistes en systèmes antidrones au Moyen-Orient pour aider certains pays de la région à contrer les attaques menées contre eux par le régime iranien, en représailles à l’opération américaine « Fureur Épique ». Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu’en échange, des négociations étaient en cours avec les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite, sans en préciser la nature.

Cependant, selon Intelligence Online, les discussions entre Kiev et Doha porteraient en particulier sur le transfert des douze avions Mirage 2000-5 EDA/DDA encore en service dans l’Armée de l’air qatarie, en échange d’un soutien dans la lutte contre la guerre des drones.

Il convient de rappeler que le Qatar cherche depuis plusieurs années à se défaire de ses Mirage 2000-5, après avoir acquis 36 Rafale, 36 Eurofighter Typhoon et 36 F-15QA. En 2021, la société française de sécurité et défense ARES avait été envisagée comme acheteur potentiel, mais elle a dû suspendre ses opérations deux ans plus tard.

On pensait que le sort de ces appareils serait scellé lorsque Doha avait conclu un accord de vente à l’Indonésie pour un montant de 680 millions d’euros. Pour l’Armée de l’air indonésienne, l’acquisition de ces Mirage 2000-5 visait à préparer l’entrée en service des Rafale récemment commandés à Dassault Aviation. Finalement, Jakarta a renoncé, estimant que le prix demandé par le Qatar était trop élevé.

C’est dans ce contexte que l’intérêt de l’Ukraine pour ces avions prend sens, d’autant plus que son aviation opère déjà ce type d’appareils, avec la livraison de trois Mirage 2000 par la France (deux autres exemplaires sont attendus prochainement). Par ailleurs, les Mirage 2000-5 qataris conservent un potentiel important, leur emploi ayant été limité depuis leur mise en service.

Toutefois, bien que le Qatar manifeste un certain intérêt à répondre favorablement à la demande ukrainienne, l’idée d’un tel transfert ne semble pas faire l’unanimité au sein de l’émirat.

« L’Ukraine s’intéresse depuis longtemps aux Mirage 2000-5 qataris, tout comme d’autres pays. Néanmoins, Doha ignore la demande de Kiev. En conséquence, les négociations visant à renforcer les capacités antidrones du Qatar sont au point mort », a rapporté Intelligence Online.

Reste à savoir si l’émirat, qui entretient par ailleurs d’excellentes relations avec Moscou, maintiendra cette position dans les prochaines semaines. Il est possible que la médiation française débloque la situation, car aucune cession de ces Mirage 2000-5 ne peut être effectuée sans l’accord de Paris.