La société ukrainienne Fire Point a réussi à démontrer son nouveau missile balistique à courte portée, doté d’une portée estimée à 200 kilomètres. Ce développement marque une étape importante dans l’autonomie stratégique des forces ukrainiennes.
Le FP-7 est l’un des deux systèmes balistiques en cours de développement par l’entreprise, le second, le FP-9, étant conçu pour frapper des cibles situées jusqu’à 855 kilomètres de distance.
Présenté pour la première fois lors du salon international de défense MSPO en Pologne en septembre, le FP-7 atteindrait des vitesses proches de l’hypersonique, estimées à environ 1 500 mètres par seconde, ce qui complique son interception par les systèmes russes de défense aérienne et antimissile.
Ce missile est capable d’atteindre une altitude de 65 kilomètres et de maintenir son vol pendant environ 250 secondes. Lancé depuis une plate-forme terrestre, il affiche une précision notable avec une probabilité d’erreur circulaire de 14 mètres, associée à une charge militaire de 150 kilogrammes, le rendant efficace pour viser les centres de commandement et les nœuds logistiques russes.
Inspiré du missile intercepteur S-400
Selon Defense Express, le FP-7 s’appuie sur le missile intercepteur soviétique 48N6, composant clé du système russe S-400. Pour accélérer la mise au point et limiter les risques techniques, le missile ukrainien conserve la configuration aérodynamique et la structure générale du 48N6, tout en intégrant une cellule composite et des composants internes totalement repensés, notamment un nouveau système de propulsion.
Contrairement au mode de lancement à froid du 48N6, où le moteur principal s’allume après l’éjection, le FP-7 utilise un système de lancement à chaud avec allumage du moteur dès le départ, ce qui simplifie l’architecture du missile.
Fire Point avait annoncé que les tests de qualification et la codification seraient achevés en 2025, ouvrant la voie à son intégration dans les forces armées ukrainiennes, bien que le stade actuel de développement du missile reste à préciser.
Le missile de croisière Flamingo
Par ailleurs, le premier missile de croisière de l’entreprise, le Flamingo, a été déployé à plusieurs reprises contre des objectifs russes depuis sa révélation en août. Récemment, des missiles Flamingo ont été utilisés lors d’une frappe contre l’usine de missiles située à Votkinsk dans la République d’Oudmourtie en Russie.
Avec une portée annoncée de 3 000 kilomètres, le missile de 6 000 kilogrammes – soit environ quatre fois le poids du Tomahawk américain – emporte une charge militaire estimée à 1 000 kilogrammes, renforçant significativement les capacités de frappe longue distance de l’Ukraine.