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Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient le 5 novembre en déployant des bombardiers B-1B, tout en maintenant en alerte le groupe de frappe du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower et un sous-marin nucléaire, face à la recrudescence des attaques contre leurs forces en Irak et en Syrie.

Cette démonstration de force vise à dissuader l’Iran, le Hezbollah libanais et d’autres milices soutenues par Téhéran de profiter du conflit israélo-palestinien à Gaza pour étendre les hostilités à une échelle régionale.

Les bombardiers B-1, initialement basés à la base aérienne de Dyess au Texas et déployés en Europe en octobre, ont survolé des secteurs relevant du Commandement central américain (CENTCOM) le 5 novembre. Le général de brigade Patrick S. Ryder, porte-parole du Pentagone, a indiqué le 6 novembre que les B-1 étaient pour la dernière fois localisés à la base d’Incirlik en Turquie, sous la responsabilité du Commandement européen des États-Unis (EUCOM).

Un responsable américain ayant connaissance de la mission a précisé que les bombardiers sont partis d’une base relevant de l’EUCOM, ont traversé la zone du CENTCOM, puis se sont déployés dans la région du Commandement pour l’Afrique avant de retourner dans la zone de responsabilité de l’EUCOM.

Les capacités et missions des B-1
Le 5 novembre 2023, un B-1 Lancer a été ravitaillé en vol par un KC-135 Stratotanker du 912th Expeditionary Air Refueling Squadron lors d’une opération au-dessus du territoire placé sous la responsabilité du CENTCOM.

Les B-1 disposent d’une charge utile plus élevée que les bombardiers furtifs B-2 Spirit ou les B-52 Stratofortress. En octobre, environ une centaine de personnels de soutien de l’armée de l’air américaine ont été déployés à la base RAF de Fairford, au Royaume-Uni, dans le cadre de cette Bomber Task Force (BTF).

Ces bombardiers participent régulièrement à des exercices conjoints avec les alliés et partenaires régionaux, et effectuent parfois des visites inopinées dans diverses bases. En juin, des B-1 engagés en Europe ont mené des opérations de tir réel en Jordanie et en Arabie saoudite, accompagnés ponctuellement par l’armée de l’air israélienne.

Situation en Turquie et tensions accrues
La base d’Incirlik, longtemps plaque tournante du déploiement américain dans la région, a été la cible d’une manifestation importante le 5 novembre. Selon des images relayées sur les réseaux sociaux, des milliers de manifestants ont pris d’assaut la clôture de la base, exprimant leur colère contre le soutien américain à Israël après les attaques du Hamas en octobre. La police turque a dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Le même jour, le secrétaire d’État américain Antony Blinken est arrivé à Ankara pour discuter avec le ministre turc de la Défense, Hakan Fidan, des conséquences du conflit à Gaza et d’autres questions régionales.

Attaques contre les forces américaines et renforcement militaire
Depuis le 17 octobre, les troupes américaines déployées en Irak et en Syrie ont subi 38 attaques, dont six au moins à partir du 5 novembre. Le nombre de soldats victimes a été revu à la hausse : 45 militaires ont été touchés, contre une estimation initiale bien moindre.

Le général Ryder a indiqué que ces soldats souffrent principalement de lésions cérébrales traumatiques (TBI) et de blessures mineures. Deux d’entre eux, initialement retournés en service, ont été transférés au centre médical régional de Landstuhl, en Allemagne, pour des soins approfondis. Ces agressions sont attribuées à des milices soutenues par l’Iran.

Le dispositif américain dans la région inclut désormais deux porte-avions — l’USS Dwight D. Eisenhower en mer Rouge et l’USS Gerald R. Ford en Méditerranée orientale —, des systèmes renforcés de défense aérienne, ainsi que le doublement du nombre d’escadrons de chasse et d’attaque de l’US Air Force : trois escadrons de F-16, un escadron de F-15E et deux escadrons d’A-10.

Une mission démonstrative et polyvalente
Le général Ryder a insisté sur la différence entre la mission actuelle de la Bomber Task Force et la situation générale au Moyen-Orient.

« Il est important de différencier la mission de la Bomber Task Force de la situation actuelle au Moyen-Orient », a-t-il déclaré. « Nous avons la capacité de mener plusieurs opérations simultanément. »

Les BTF sont déployées plusieurs fois par an sur différents théâtres d’opérations. Elles servent à démontrer aux alliés et partenaires la capacité des États-Unis à répondre à diverses contingences, tout en envoyant un message clair à leurs adversaires potentiels quant à la puissance et la flexibilité des forces américaines.