L’US Army envisage le développement d’un missile de nouvelle génération pour neutraliser efficacement les petits drones de catégorie 2 et 3. Ce projet vise à renforcer les capacités de défense contre les menaces croissantes posées par les systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS), avec un focus sur la rapidité d’intervention et l’allongement de la portée d’engagement.
Le Bureau du Portfolio d’Acquisition Fires, en charge des capacités de tir et de la lutte contre les drones, a lancé un appel à l’industrie pour recueillir des informations sur les technologies applicables au Next Generation Counter-sUAS Missile (NGCM). Ce missile devra être développé, intégré, testé puis produit afin d’offrir une défense étendue à longue portée, capable de réagir rapidement face aux drones de petite taille.
Le système actuel de contre-UAS comprend deux configurations principales : le FS-LIDS (Fixed-Site Low, Slow, Small UAS Integrated Defeat System) destiné à une installation stationnaire, et le M-LIDS (Mobile Low, Slow, Small UAS Integrated Defeat System) monté sur véhicules tactiques pour une mobilité sur le terrain. Ces systèmes associent radars, guerre électronique, capteurs électro-optiques et moyens cinétiques pour détecter, identifier et neutraliser les drones, qu’ils émettent ou non des signaux, et ainsi protéger les forces américaines et alliées contre la surveillance ou les attaques.
Le FS-LIDS propose une architecture modulaire et évolutive intégrant la défense anti-aérienne de zone avancée (Forward Area Air Defense), la guerre électromagnétique, le radar polyvalent, des caméras EO/IR et divers moyens cinétiques.
Le M-LIDS, quant à lui, assure une capacité scalable au plus proche des unités grâce à son installation sur véhicules et utilise des composants communs avec la version fixe, garantissant la détection et la destruction des drones en mobilité ou à l’arrêt.
Le NGCM sera conçu pour être intégré au système de lancement Coyote existant, offrant une portée accrue, un temps de lancement très court et une réduction du temps d’impact sur la cible par rapport aux effecteurs actuels.
Les technologies proposées doivent atteindre au moins un niveau de maturité technologique (TRL) de 7 à l’issue de la première série de tests développement prévue pour le quatrième trimestre de l’année fiscale 2027, afin de pouvoir être déployées rapidement. L’évaluation par le Commandement des essais et évaluations de l’armée (ATEC) est attendue pour cette même période. Par ailleurs, 50 missiles devront être opérationnels pour une évaluation opérationnelle dès le premier trimestre de l’année fiscale 2028.
Exigences clés du programme NGCM (non exhaustives) :
• Portée et altitude améliorées : neutralisation des drones de groupes 2 et 3 au-delà de 16 km à 6 km d’altitude en version tactique, et au-delà de 25 km à 8 km d’altitude en version opérationnelle.
• Temps de lancement réduit : le missile doit quitter le rail de lancement en moins de 5 secondes après l’ordre de tir.
• Coût maîtrisé : prix unitaire inférieur à 150 000 $ pour des commandes d’au moins 5 000 missiles.
• Intégration : compatibilité avec le lanceur Coyote sans ou avec très peu de modifications, et interopérabilité avec l’architecture C-UAS existante : IBCS-M via l’interface WES ICD, systèmes radar KuRFS (version tactique), Sentinel A3/A4, LTAMDS, PATRIOT, TPQ-53 (version opérationnelle). Le missile devra être équipé d’un chercheur RF tous temps.
Le gouvernement américain exigera en outre la fourniture de la documentation technique détaillée concernant les composants du missile, le système missile intégré ainsi que la munition complète (All-Up-Round) configurée pour être compatible avec la plateforme de lancement.
Les entreprises intéressées ont jusqu’au 20 août 2026, 16h00 EDT, pour répondre à cette sollicitation.