Cette semaine, l’USS Savannah, un navire de combat littoral (LCS) de la marine américaine, a réussi le lancement d’un missile SM-6 grâce au système de largage de charge utile MK 70 Mod 1.
L’USS Savannah (LCS 28) a effectué un tir réel dans l’océan Pacifique oriental en utilisant un système de lancement conteneurisé, tirant un missile SM-6 sur une cible désignée.
Lockheed Martin, fabricant du système de lancement vertical conteneurisé installé sur le pont hélicoptère du navire, a démontré la polyvalence de cette solution, capable de déployer non seulement le missile Standard SM-6 de Raytheon, mais aussi le missile d’attaque terrestre Tomahawk.
Ce système de lancement, aperçu pour la première fois sur un LCS de classe Independence lors de son escale à San Diego le mois passé, suscite un fort intérêt dans l’industrie de la défense navale.
Le tir d’essai a eu lieu mardi dernier dans l’océan Pacifique oriental. L’annonce a été faite par la marine américaine, qui a souligné le succès du tir d’un missile SM-6 à partir d’un lanceur conteneurisé sur une cible prédéterminée.
Les forces navales de surface de la flotte du Pacifique ont salué cette démonstration, mettant en avant la flexibilité et la puissance des navires de combat littoraux. Elles ont notamment insisté sur l’intégration réussie d’un système d’armes conteneurisées capable de viser des cibles de surface, contribuant aux essais et à l’analyse des capacités de ces systèmes sur les plateformes maritimes.
Un lanceur de référence
Dans le cadre du programme militaire américain Typhoon, le lanceur MK 70 joue un rôle central. Cette innovation, faisant partie d’un groupe d’armes de précision terrestre en développement, couvre des portées allant de quelques centaines à plusieurs milliers de kilomètres. Ce dispositif est conçu pour moderniser le système de lancement MK 41 déjà en service, qui reste le lanceur principal pour une large part de la flotte américaine et certains alliés.
Lockheed Martin a ainsi livré en décembre quatre prototypes de cette plateforme stratégique à l’armée américaine, soulignant son engagement dans la modernisation des capacités de frappe.
Contexte du traité INF
Les systèmes de missiles à longue portée lancés depuis le sol utilisés par les États-Unis ont gagné en portée depuis la fin du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), désormais obsolète. Ce traité interdisait le déploiement de missiles terrestres dont la portée se situait entre 500 et 5 500 kilomètres.
Le retrait américain de cet accord a été officialisé en octobre 2018 sous la présidence de Donald Trump, invoquant le non-respect du traité par la Russie, notamment avec le développement par Moscou d’un missile de croisière à portée intermédiaire. Ce retrait répond également à la nécessité de contrer l’essor militaire chinois dans la région du Pacifique, un acteur non soumis au traité.
Depuis la fin du traité en 2019, les États-Unis ont accéléré le développement et le déploiement de missiles dans les gammes de portée précédemment interdites.
Le système de largage de charge utile MK 70 Mod 1
Le PDS MK 70, qui comprend quatre cellules VLS MK 41 enfermées dans un conteneur de 12 mètres, a été présenté au public en septembre 2021 lors du lancement d’un missile SM-6 par le navire américain USS Ranger, équipé du même système.
Au cours des phases initiales d’essais, ce système a surtout été utilisé avec des missiles SM-6. Néanmoins, il reste compatible avec tous les missiles actuellement intégrés au VLS MK 41, incluant notamment les variantes du missile Tomahawk à guidance terrestre, dont la portée s’étend jusqu’à 1 600 kilomètres environ.
À propos du missile SM-6
La marine américaine fabrique actuellement le RIM-174 Standard Extended Range Active Missile (ERAM), communément appelé SM-6.
Ce missile est conçu principalement pour la guerre antiaérienne à longue distance. Il peut intercepter divers aéronefs, drones et missiles de croisière antinavires en vol, aussi bien sur terre que sur mer. Le SM-6 dispose également d’une capacité de défense antimissile balistique en phase terminale.
Par ailleurs, le SM-6 peut servir de missile antinavire supersonique. Il utilise la cellule du missile SM-2ER Block IV (RIM-156A), mais intègre un autodirecteur actif issu de l’AIM-120C AMRAAM, remplaçant l’autodirecteur semi-actif des versions antérieures. Cette amélioration augmente l’efficacité contre des cibles très mobiles et celles hors de portée des radars d’illumination des navires lanceurs.
La capacité opérationnelle initiale du SM-6 a été atteinte le 27 novembre 2013. Contrairement à certaines idées reçues, le SM-6 ne remplace pas les missiles de la série SM-2, mais vient en complément en renforçant la portée et la puissance de feu. Ce missile a également été autorisé à l’export en janvier 2017.